TUNISIE
12/09/2018 17h:44 CET

Pour la première fois depuis l'indépendance, l'analphabétisme augmente en Tunisie selon le ministre des Affaires sociales

Le taux d’analphabétisme en Tunisie a augmenté de près d'un point entre 2017 et 2018.

Zohra Bensemra / Reuters

19,1%, c’est le taux d’analphabétisme en Tunisie, plus qu’en 2017 (18,2%), a révélé le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm. C’est la première fois depuis l’indépendance que ce chiffre augmente, a-t-il déploré.

Le ministre explique la recrudescence de ce taux par la diminution du budget octroyé à l’alphabétisation et l’apprentissage des adultes mais aussi au nouveau phénomène d’abandon scolaire. “100 à 120 mille élèves quittent les bancs de l’école en Tunisie chaque année, 20% d’entre eux sont susceptibles de redevenir alphabètes”, a-t-il souligné.

Alors que la Tunisie se vantait de la politique de généralisation de l’apprentissage entreprise depuis l’indépendance, la révolution a dévoilé de grandes lacunes structurelles du système pendant ces dernières années. 

Ces dysfonctionnements engendrent des conséquences multiples, parmi elles, le fléau de l’abandon scolaire. 

Les différentes études réalisées sur le terrain concernant les causes de ce phénomènes citent des facteurs sociaux (précarité des familles, analphabétisme des parents, etc) mais aussi des facteurs éducatifs (redoublements successifs, méthodes pédagogiques défaillantes, manque d’effectif enseignant) qui s’ajoutent au manque de transports, les longues distances séparant l’établissement éducatif des domiciles des élèves, etc.

L’abandon scolaire signifie des milliers de jeunes sans emplois et susceptibles de sombrer dans la délinquance. 

Entre-temps, les chiffres sur illettrisme ne cessent de croître chaque année. Des programmes sont conçus entre les ministères de l’Éducation, des Affaires sociales et de la Femme, de la Famille et de l’Enfance (par exemple la promulgation de la loi n° 2017-13 du 13 mars 2017 consacrant l’obligation de la formation professionnelle initiale obligatoire jusqu’à l’âge de dix-huit ans pour chaque jeune qui ne poursuit pas sa scolarité et n’a pas trouvé d’emploi), mais dont l’efficacité reste à prouver tant que les chiffres sont accablants.  

 

 

Selon l’Institut National de la Statistique, le taux d’analphabétisme était de 84,7% en 1956 et n’a cessé de baissé depuis jusqu’à atteindre 19,3% en 2014 et 18,2% en 2017 selon le ministre des Affaires sociales, avant d’augmenter à 19,1% en 2018.

Institut national de la statistique

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