TUNISIE
25/09/2018 12h:37 CET

Pour la porte-parole de la présidence de la République, "Béji Caid Essebsi n'est pas fini"

"On a toujours tendance à personnifier les choses en Tunisie. Ce n’est pas l’échec du président de la République, c’est l’échec du système politique en Tunisie"

La porte-parole de la présidence du gouvernement Saida Garrach, invitée mardi de la Matinale de la radio Shems FM est revenue sur l’interview accordée par le président de la République Béji Caid Essebsi à la chaine El Hiwar Ettounsi.

Interrogée sur la position du président de la République concernant la crise politique actuelle, Saida Garrach affirme qu’ “il a mis en exergue les moyens qui sont à la disposition des acteurs politiques et sociaux concernant cette crise”. “Il a dit qu’il ne pensait pas que la crise soit aussi aigüe” que ne le décrivent certains.

Indiquant qu’il existe 3 scénarios pour renouveler la confiance du gouvernement, Saida Garrach a expliqué pourquoi le président de la République n’a pas appliqué l’article 99 de la Constitution. Pour elle Youssef Chahed tire sa légitimité de l’Assemblée des représentants du peuple il est donc tout à fait légitime que celle enclenche une procédure dans ce sens si elle estime que le chef du gouvernement n’est pas à la hauteur.

“L’élément principal à prendre en considération dans tout ça, c’est le vote à l’intérieur de l’ARP. Tout le monde a peur. Tous pensent qu’ils n’auront pas la majorité. Pourquoi voulez-vous que le président de la République prenne alors l’initiative?” s’est-elle interrogée.

La rupture avec Ennahdha

Concernant la rupture avec Ennahdha, Saida Garrach affirme que cela n’est pas seulement dû à sa position vis-à-vis du gouvernement Chahed mais aussi à une certaine forme de pragmatisme. En effet, selon elle, le consensus a pris fin avec l’accord de Carthage 2: “Il y a au moins deux éléments majeurs, que sont Nidaa Tounes et l’UGTT (...) qui ont un problème et qui demandent le départ de Youssef Chahed (...) Il ne reste qu’une seule partie qui le soutien et c’est Ennahdha (...) donc on ne peut plus parler de consensus et de gouvernement d’union nationale puisqu’il existe de grandes divergences” a-t-elle expliqué.

“La meilleure solution, surtout avec les récents changements à l’intérieur de l’ARP (...)”, c’est que Youssef Chahed se présente face aux députés “vu qu’il n’existe plus de consensus” et de solution émanant de l’ensemble des acteurs.

Friture sur la ligne entre Béji Caid Essebsi et Youssef Chahed? 

“Il n’existe aucun problème entre le président de la République et le chef du gouvernement” a déclaré Saida Garrach. “La preuve? S’il avait un problème personnel, le président de la République aurait pu, il y a deux mois de cela, avant la formation du bloc de la Coalition nationale et avant les dissensions qui existent au sein de Nidaa Tounes, proposer à l’ARP le vote de confiance au gouvernement”, or cela n’a pas été fait.

Mieux encore estime-t-elle, Youssef Chahed et Béji Caid Essebsi continuent de se rencontrer le plus souvent possible et échangent beaucoup sur la situation du pays.

L’échec du système politique

Alors que plusieurs anciens membres de Nidaa Tounes, dont Lazhar Akermi ont affirmé, à la suite de l’interview, que Béji Caid Essebsi était fini politiquement. Ce n’est pas l’avis de Saida Garrach: “En tant que personne et en tant que président de la République, Béji Caid Essebsi n’est pas fini politiquement parce qu’il porte un projet social, un projet d’État. C’est un homme d’État et son passé le prouve” s’est-elle exprimé citant notamment le projet de la loi sur l’égalité dans l’héritage, ses projets pour l’éducation ou encore l’infrastructure portés par Béji Caid Essebsi.

“On a toujours tendance à personnifier les choses en Tunisie. Ce n’est pas l’échec du président de la République, c’est l’échec du système politique en Tunisie (...) C’est d’ailleurs pour cela qu’il a appelé à sa réforme” a expliqué la porte-parole de la présidence de la République.

La guerre entre Youssef Chahed et Hafedh Caid Essebsi

“Quand il a parlé de sortie avec les honneurs pour son fils, il a été clair. Il a dit que le parti ne lui appartenait pas; ni à lui, ni à son fils. Il a affirmé que Nidaa tounes doit organiser des élections, doit adopter des lois qui l’organise” a affirmé Saida Garrach.

“Nous à la présidence de la République, nous réagissons à travers la réflexion, la loi et le respect des institutions et pas par émotion” a-t-elle expliqué avant de conclure: “L’impression que la crise émane à cause de deux éléments est fausse” a-t-elle affirmé en référence aux tensions entre Hafedh Caid Essebsi et Youssef Chahed. “La crise a de nombreuses causes”.

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