TUNISIE
27/03/2018 18h:54 CET | Actualisé 27/03/2018 20h:33 CET

Pour Kamel Jendoubi, le bilan de l’Instance Vérité et Dignité "n’est pas positif”

L’ancien ministre auprès du chef du gouvernement s'est exprimé sur la justice transitionnelle en Tunisie.

Zoubeir Souissi / Reuters

Dans une interview livrée au journal français La Croix, l’ancien président de l’Instance Supérieur Indépendante des Élections et ancien ministre auprès du chef du gouvernement, chargé des relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile et des Droits de l’homme, Kamel Jendoubi, a livré son ressenti face au processus de justice transitionnelle en Tunisie.

S’il ne veut pas s’avancer quant à la réussite ou non de la réconciliation entamée par l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Kamel Jendoubi avance tout de même qu’il n’y a pas eu de débat en Tunisie sur la question de la justice transitionnelle: “Ni l’État, ni les citoyens ne se le sont approprié” a-t-il regretté évoquant un problème dans la mise en place des priorités.

Pour lui, l’IVD est “très mal partie” dans sa mission notant au passage “des pouvoirs considérables” octroyés à l’Instance d’où émane le conflit actuel entre cette dernière et l’Assemblée des représentants du peuple concernant la prolongation de son mandat.

Selon Jendoubi, plusieurs choses ont desservi l’Instance: D’abord son mandat de 4 ans, où il est “totalement impossible” d’investiguer sur 50 ans de violations mais aussi son côté partisan assumé: “elle s’est révélée très partisane dès le début, composée majoritairement d’islamistes ou de sympathisants du parti Ennahda” a-t-il noté.

Cela suffira pour instaurer des soupçons sur la partialité de l’Instance, sans compter les nombreuses démissions et les obstacles posées par le président de la République Béji Caid Essebsi, “farouche opposant à la justice transitionnelle” affirme Jendoubi au journal La Croix.

S’il reconnait à l’IVD, ses auditions publiques des victimes de tortures, Kamel Jendoubi indique que “son bilan n’est pas positif”.

Il faudrait, selon lui, “un audit”du travail fait pendant les 4 années par l’IVD pour “sauver” le processus de justice transitionnelle, mais cependant, il ne faut pas la sacrifier: “Il faut la réformer et inscrire son travail dans le temps. C’est une obligation. Les Tunisiens en ont besoin” a-t-il conclu.

 

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