TUNISIE
24/07/2018 17h:21 CET

Pour Elyes Fakhfakh, la Tunisie est l'otage des conflits internes du parti Nidaa Tounes

L'ancien ministre sous la Troïka, Elyes Fakhfakh accuse le pouvoir de mener le pays à la dérive

AFP via Getty Images

La Tunisie est l’otage des conflits internes du parti Nidaa Tounes, a déploré mardi  Elyes Fakhfakh, président du conseil national d’Ettakatol, sur les ondes de Shems Fm. 

Selon lui, la satisfaction des préoccupations du peuple tunisien est le dernier soucis des partis au pouvoir. En effet, tous les yeux sont actuellement rivés sur les élections de 2019. Une course acharnée qui, d’après lui, ne fait que générer des luttes futiles et destructrices. “Ceux qui sont actuellement au pouvoir doivent absolument écarter le calcul électoral de 2019” martèle-t-il en appelant à la nécessité de trouver une solution idoine à la crise politique.  

La guerre des clans au sein du parti Nidaa Tounes relève clairement l’absence de prise de conscience de la gravité de la situation du pays et lève le voile sur la platitude de l’opposition. Maillon faible de la scène politique, cette dernière trébuche encore et trouve des difficultés à s’imposer. “L’opposition devrait jouer pleinement son rôle et présenter l’alternative” souligne-t-il.  

Ancien ministre des Finances sous la Troîka, Fakhfakh estime que ceux qui sont au pouvoir sont en train de jouer avec le feu. “Quatre gouvernements se sont succédés en moins de quatre ans” dit-il en pointant du doigt la politique inefficace adoptée par les preneurs de décisions. À ses yeux, ce n’est pas un problème de personnes mais de système. 

Il a accusé, à demi-mot, le système de chercher, à chaque fois, un bouc-émissaire et de détourner les regards de l’opinion publique de ses échecs politique, économique et social. Pour lui, cette tactique ne mènera nulle part.

S’agissant du gouvernement Chahed, Fakhfakh estime que ce dernier doit partir étant donné qu’il a perdu sa majorité ainsi que sa couverture politique. “Comment un gouvernement qui n’a pas assez de soutien peut-il résister dans ce contexte critique?” s’est-il demandé. Il s’agit, d’après lui, d’un défi très compliqué surtout que la Tunisie ne peut pas accorder le pouvoir à un gouvernement de gestion des affaires courantes à quelques mois de l’élection présidentielle. 

Interrogé sur la place d’Ettakatol sur l’échiquier politique tunisien, Fakhfakh a avoué que son parti passe par une période difficile notamment après la défaite des législatives de 2014. Mais grâce à la détermination de ses fondateurs, le dévouement de ses partisans et la force de ses principes, le parti pourrait réussir à remonter la pente. “La confiance en Ettakatol reviendra à long terme” espère-t-il. 

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