ALGÉRIE
18/09/2019 14h:42 CET

Pour Charfi, "la non intervention" de l'armée dans la politique, "nous évitera le scénario de 92"

capture d'ecran
Mohamed Charfi le président l'Autorité nationale des élections

Tout comme l’éditorial de la revue El Djeich, publié lundi 10 septembre, le président de l’Autorité de préparation et de surveillance des élections, Mohamed Charfi, affirme à son tour que “l’ère de la fabrication des présidents est définitivement révolue”. Invité de la Radio Chaîne III, il a averti contre toute “interférence” ou “pression” sur les membres de cette autorité.

S’il reconnait que “l’armée a longtemps été impliquée dans la fabrication des présidents”, Mohamed Charfi affirme que le Haut commandement “veille à rompre avec ses pratiques”. Il a affirmé que l’engagement de l’armée, à ne pas se mêler de la politique, nous évitera le scénario de janvier 1992. Il a, dans ce sens, salué “la responsabilité historique de l’armée face à cette crise pour nous prouver, définitivement, sa rupture avec ces pratiques”. 

Le président de cette autorité estime que l’Algérie “est aujourd’hui à la quête d’un président ayant une forte légitimité populaire pour affronter les défis économiques et régionaux auxquels fait face l’Etat”. Il a affirmé que les cas de fraude ne se répéteront pas, donnant, pour argument ... l’existence de cette organisation ou “la surveillance des urnes par des citoyens”. 

Mohamed Charfi a également estimé que la mission de cette autorité est “comme un grand défi au service du pays”. Il avance la “responsabilité morale” qui pèse sur les membres de cette autorité comme “garantie” pour des élections transparentes.

L’ex-ministre de la Justice, à deux reprises sous Bouteflika, a été interrogé sur la tenue des élections en présence de plusieurs symboles du pouvoir. Il a estimé “qu’il n’est pas possible d’accuser de traitrise toute personne ayant exercé dans les institutions de l’Etat”. ll a affirmé que l’Algérie “détient des ressources humaines nationales et qualifiées que nul ne peut accuser de traitrise ni la virer de son poste de travail”. 

Les manifestants rejettent, massivement, ces élections présidentielles en raison de la présence à leurs postes, non de cadres mais de plusieurs ex-fidèles à Abdelaziz Bouteflika, notamment Noureddine Bedoui et Abdelkader Bensalah. Ils sont ainsi accusés d’être les “architectes” de la fraude des dernières élections.

Mohamed Charfi poursuit que ses membres “aspirent à construire un état d’institutions”, de “rompre avec l’Etat lié à ces personnes”, de “corriger les déviances par les responsables des principes du 1e Novembre”.

a rajouté que le fichier électoral sera assaini de la présence sur la liste de personnes décédés ou inscrites en double et ce, “grâce à des outils de technologies modernes”.

Il a expliqué que l’autorité va désigner des ingénieurs d’Etat dans ce sens.