MAROC
31/12/2018 14h:26 CET

Pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel, une militante Égyptienne condamnée à deux ans de prison ferme

99% des femmes égyptiennes reconnaissent avoir été victime dans leur vie d’une forme de harcèlement sexuel.

DR /Amnesty

ÉGYPTE - La militante des droits de l’Homme et activiste égyptienne Amal Fathi a été condamnée en appel à deux ans de prison ferme pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel, rapporte RFI.

Selon la radio française, cette dernière a été arrêtée en mai dernier après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle témoigne, dans des termes parfois “crus” selon RFI, du harcèlement dont elle a été victimes alors qu’elle était à la banque Misr, nationalisée dans les années 60.

Dans cette vidéo d’une dizaine de minutes, elle dénonce également l’inaction du gouvernement face au harcèlement sexuel, ainsi que la détérioration du service public en Egypte:

Une vidéo devenue virale en Egypte et qui lui avait valu une arrestation quelques jours plus tard pour “avoir insulté les institutions d’Etat et avoir porté atteinte au patriotisme”, rapporte RFI.

 “Propagation de fausses informations et atteinte à la sureté de l’État”

Amal Fathi avait été condamnée en septembre dernier à deux ans de prison avec sursis pour “propagation de fausses informations et atteinte à la sureté de l’état”, selon la BBC. Une sentence qui, selon la même source, aurait pu être suspendue après paiement d’une caution de 1120 dollars et une amende de 560 dollars.

Malgré le paiement, cette dernière restera finalement en prison plusieurs mois car visée par une seconde poursuite pour appartenance à un “groupe terroriste”, rapporte le média anglais.

Libérée jeudi, elle a de nouveau été condamné dimanche par la Cour d’appel qui a réitéré sa condamnation à deux ans de prison, “en retirant cette fois le bénéfice du sursis et en condamnant la jeune femme de 34 ans à payer une amende de 10.000 livres égyptiennes, soit 490 euros”, rapporte l’AFP.

Une décision de justice contesté par Amnesty International qui l’a qualifie de “scandaleuse injustice”. Ancienne militante du mouvement du 6 avril, particulièrement actif pendant la révolution de 2011 qui a vu le renversement de Hosni Moubarak, Amal Fathi est l’épouse de Mohamed Fathi, co-fondateur de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés.

Selon l’ONU, 99% des femmes égyptiennes ont avoué avoir été victime dans leur vie d’une forme de harcèlement sexuel.