TUNISIE
06/09/2018 13h:48 CET

Portrait de Khaoula Hosni, storyteller tunisienne à la plume francophone

La triologie "Into the Deep" sort en version audio, avec la voix même de son auteure, Khaoula Hosni.

Emna Harabi

“Dès que j’ai commencé à aligner deux mots, j’ai écris. C’était avant même que je ne commence à lire des romans”, raconte au HuffPost Tunisie, Khaoula Hosni, romancière tunisienne, à la plume francophone. 

Auteure de la triologie “Into the Deep”, dont deux tomes sont déjà publiés, elle se réjouit d’être la première auteure tunisienne à publier ses romans en version audio. 

“C’est une première en Tunisie, et dans le monde arabe, pour un roman en langue française, d’avoir sa version audio”, souligne-t-elle.

De sa propre voix, dans les studios de “Gladiators Media Agency”, elle relate l’histoire de Sarah Perrin, d’Adam Carlier, de Jade Levêque et des autres, ses personnages qu’elle chérit plus que tout. “Chacun de mes lecteurs peut avoir lu et interprété les romans à sa façon. Maintenant, ils vont découvrir ma façon à moi de ressentir mes écrits”. 

Parallèlement à son projet d’audiobooks, les éditions “Arabesques”, allié de la romancière, publient son tout récent recueil de deux nouvelles “Les Cendres du Phoenix”, en ce mois de septembre 2018, dont les événements se passent cette fois-ci en Tunisie.

Emna Harabi

 

Storyteller, Khaoula sait ce qu’elle raconte, et elle adore raconter les histoires de ses personnages. Des personnages qu’elle dit “aimer au-delà de ce qu’on peut imaginer”, ce sont “ses bébés, ses enfants”.

“Pour moi, ce sont de vraies personnes, des personnes que je connais et non pas des personnages sur papier”. 

Wassim Ben Rhouma

 

Ils sont de toutes les nationalités et les histoires se passent à chaque fois dans un coin différent de la terre, Khaoula ne connait pas de limites géographiques. Son imagination va au-delà même des contextes historiques ou sociaux. “L’histoire tourne autour de l’histoire”, résume-t-elle.

Pareil pour les thèmes. L’auteure insiste: “Je suis une storyteller”. C’est l’histoire de ses personnages, telle quelle, qu’elle transmet à ses lecteurs et lectrices. 

“Je n’ai pas d’idées à imposer aux gens. C’est généralement le problème de l’écriture masculine. L’arrogance de croire que ta pensée est très importante, et que les autres devrait penser pareil. C’est pourquoi je préfère la plume féminine. C’est une force douce”, s’exprime-t-elle. 

C’est surtout la musique et le cinéma qui l’inspirent. Et quand l’inspiration se présente à elle, Khaoula se lâche: “Je peux vivre sans dates, sans heures, écrire sans relâche pendant trois semaines”. 

Ses romans, visuels par excellence, riment d’abord avec thriller psychologique: “La dimension psychologique est toujours présente. Mes personnages, je fouine au fin fond de leurs têtes”, dépeint-elle. “On retrouve aussi beaucoup de suspense ainsi qu’une touche de romance, une romance souvent mature et compliquée, pas à l’eau de rose”.  

Depuis 2013, Khaoula enchaine les publications. Aujourd’hui elle compte cinq livres publiés, six à la fin de l’année 2018. 

“C’est ma vie. Ma vie tourne autour de ça. Je me consacre à mes bouquins. C’est l’air que je respire”, décrit-elle, ”Ça m’a sauvé. il y a 13 ans maintenant”. 

Avant de se lancer dans sa carrière d’auteure, Khaoula Hosni, diplômée en Anglais de l’Institut Supérieur des Langues de Tunis, puis de l’Université du Maine en France, commence sa carrière en tant qu’assistante de direction. Quelque temps après, elle découvre le monde de la rédaction web. 

″Ça m’a permis de travailler depuis chez moi. J’adore être chez moi, je ne pourrai plus jamais me retrouver dans un bureau”. 

En 2012, elle participe au festival des Jeunes Auteurs de Kélibia, avec la nouvelle “Destin”, et gagne le premier prix.

Un premier pas, un premier succès dans sa carrière d’auteure, qui l’encourage à continuer dans cette voie. 

Son premier roman “À ta place”, publié en 2013, lui fait remporter le prix CREDIF, (N.D.L.R: Prix Zoubeida B’chir pour les écrits féminins tunisiens).

D.A.B.D.A (les 5 étapes du deuil), son deuxième livre, se cuisinait entre temps. En 2014, il est publié et elle remporte le prix spécial du jury Comar d’or, la même année.

Dès lors, elle entame l’écriture de la trilogie “Into the Deep”. Elle publie le premier tome “Le Cauchemar du Bathyscaphe” en 2016, l’année suivante, elle sort le deuxième tome “Du Vortex à l’Abysse”. “La fosse de Marianne” suivra, et sera publié fin 2018. En Septembre de la même année, elle sort un recueil de deux nouvelles, “Les Cendres du Phoenix”.

“Je compte prendre une pause quand j’aurais fini d’écrire le troisième tome. Ma main est fatiguée, ma tête est fatiguée, je suis fatiguée et mes personnages sont fatigués”, confie-t-elle.

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