ALGÉRIE
25/01/2019 12h:13 CET | Actualisé 25/01/2019 12h:15 CET

Portés par la crise vénézuélienne, les cours de pétrole montent

Kanoke_46 via Getty Images

Les cours du pétrole grimpaient vendredi en Asie, portés par la crise au Venezuela, grand exportateur de brut, mais la hausse était limitée par le bond des stocks de produits pétroliers aux Etats-Unis.

Vers 03H30 GMT, le baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en mars, progressait de 71 cents à 53,84 dollars dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en mars, gagnait 73 cents à 61,82 dollars.

Au Venezuela, Nicolas Maduro a reçu le soutien de l’armée et accusé l’opposant Juan Guaido, autoproclamé président et appuyé par les Etats-Unis, à perpétrer un «coup d’Etat».

Le pays compte les plus amples réserves de brut au monde, et reste un important membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), malgré l’effondrement de sa production ces dernières années.

Certains analystes mettent en avant les risques géopolitiques qui pourraient perdurer.

«Quand on y songe sur le long terme, la Chine a d’énormes intérêts au Venezuela», a déclaré Sukrit Vijayakar, analyste chez Trifecta Consultants. «Si les Etats-Unis cherchent à étrangler le pays, la Chine verrait cela d’un mauvais œil. Cela affecterait les négociations commerciales et la croissance», a-t-il dit cité par l’AFP.

Les inquiétudes sur l’excès d’offre pèsent parallèlement sur les cours.

Selon l’Agence américaine d’informations sur l’énergie (EIA), les stocks hebdomadaires de brut américain ont bondi de huit millions de barils.

«Cette hausse inattendue traduit le fait que le ralentissement de la demande et la hausse de la production de pétrole de schiste empêchent le marché de trouver un équilibre entre l’offre et la demande», a commenté Margaret Yang Yan, analyste chez CMC Markets à Singapour.

La production d’or noir est de son côté restée au niveau record atteint la semaine précédente, les Etats-Unis ayant extrait en moyenne 11,9 millions de barils par jour (mbj).

Les cours avaient plongé de 40% en décembre du fait des préoccupations sur la surabondance de l’offre. Pour tenter de rééquilibrer le marché, l’Opep et ses partenaires, dont la Russie, ont décidé de réduire leur production de 1,2 mbj à compter de janvier. Mais les perspectives de ralentissement de la croissance économique mondiale entravent la progression des prix.

«Bien que les prix témoignent d’un potentiel de hausse au premier trimestre 2019, les défis économiques croissants vont continuer à limiter la possibilité de gains exponentiels à long terme», a déclaré Benjamin Lu, analyste chez Phillip Futures à Singapour.

Jeudi, le Brent avait reculé de 5 cents pour finir à 61,09 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI avait gagné 51 cents pour clôturer à 53,13 dollars.