MAROC
07/06/2019 17h:22 CET

Pollution plastique en Méditerranée: le Maroc plutôt bon élève

Dans un rapport, le WWF dresse le portrait des plus gros pollueurs du bassin méditerranéen.

ENVIRONNEMENT - Un rapport accablant. Le WWF (Fonds mondial pour la nature) a publié ce vendredi 7 juin, à la veille de la journée mondiale des océans, un rapport sur la pollution plastique dans la Méditerranée, pointant encore une fois la nécessité absolue d’agir contre ce phénomène, et ce, à tous les niveaux de la société.

On y apprend notamment que chaque année, c’est un demi-million de tonnes de déchets qui se retrouvent dans la Méditerranée. L’équivalent de 33.800 bouteilles plastiques jetées dans la mer chaque minute. “Si rien n’est fait dans la région, ce chiffre sera multiplié par quatre courant 2050”, prévient l’ONG. Un résultat qui s’explique par une mauvaise gestion de la production plastique, de l’étape même de conception jusqu’à celle du recyclage.

La région méditerranéenne est le 4e producteur mondial de produits plastiques. Ses habitants génèrent 24 millions de tonnes de déchets plastiques chaque année, dont 20% proviennent du trafic maritime et de la pêche. Dans certains pays, cette production de déchets augmente d’un tiers durant la période estivale, ce qui entraîne aussi une surcharge des plateformes chargées de la gestion des détritus.

La France est le plus mauvais élève du classement: elle produit 18% des 24 tonnes de déchets plastiques rejetées tous les ans, là où le Maroc en produit 2,3%. Un record, qui la place devant l’Italie, la Turquie, et l’Égypte. À elle seule, la France produit presque autant que 13 autres pays méditerranéens (parmi lesquels on retrouve la Libye, l’Albanie, ou encore le Montenegro, pour ne citer qu’eux). Dans le même temps, l’Hexagone est aussi le premier pays du bassin méditerranéen à participer au traitement des déchets qui y sont rejetés, à hauteur de 25%. À titre de comparaison, le Maroc s’occupe d’1,2% de ce total.

Face à ce constat, le WWF appelle à la mobilisation des gouvernements. En plus de réclamer le bannissement des produits plastiques à usage unique et l’investissement dans des plateformes de gestions de déchets, elle demande à ce que soit mis au point “un traité permettant d’éliminer le dépôt dans la nature de détritus plastiques d’ici 2030, et de récompenser ceux qui s’engagent dans ce sens.”

L’ONG appelle aussi l’industrie et l’opinion publique à devenir acteurs de ce changement, en invitant notamment l’un à éliminer de ses emballages tout le plastique superflu, et l’autre à limiter autant que possible l’achat de produits plastiques à usage unique.

Par an, on estime que la pollution plastique coûte au total, à l’ensemble des pays concernés, 641 millions d’euros, partagés entre l’industrie maritime, la pêche et le tourisme.