MAROC
03/09/2018 11h:26 CET

Pollution de l'Oued Martil: Amendis se décharge de toute responsabilité

Et déclare ne rejeter en milieu naturel que les eaux pluviales.

ISAAC CHARIA/FACEBOOK

ENVIRONNEMENT - Des associations s’étaient élevées, mi-août à Martil, contre la pollution de l’Oued qui traverse le quartier Dizra et d’où se dégage une odeur particulièrement nauséabonde. “Une catastrophe écologique” pour les habitants de la ville et pour l’avocat Isaac Charia, qui a déposé une plainte auprès du procureur général près la cour d’appel de Tétouan contre la société Amendis, au nom d’une coordination de 17 associations de quartiers de la ville. 

Contactée par le HuffPost Maroc, l’entreprise chargée de la gestion déléguée de l’assainissement et du traitement des eaux usées dans cette région du nord du Maroc était restée jusque-là silencieuse. Dans un courrier récemment reçu, elle se décharge de toute responsabilité dans cette affaire de pollution et signale qu’elle ne rejette en milieu naturel, dont l’Oued Martil, “que les eaux pluviales et en aucun cas les eaux usées”.

“Face au mutisme des autorités locales, les associations ont saisi la justice en dernier recours. Ce qui, pour moi, est un comportement civilisé. Et même si personne ne prenait d’initiative, comment laisser une odeur aussi nauséabonde planer dans l’air à 7 ou 8 kilomètres à la ronde? Toute la ville souffre!”, s’était exclamé l’avocat au sujet de la plainte déposée. 

Pour Amendis, les odeurs nauséabondes dégagées sont “dues d’une part, aux eaux stagnantes dans le bras mort de l’Oued Martil, provenant de la collecte d’eaux pluviales qui sont actuellement mélangées avec les ordures ménagères du Souk et du quartier Dizra et le rejet et les déchets de l’abattoir et d’autre part, à des constructions clandestines réalisées après 2015”.   

La société explique qu’en 2011, le système de dépollution Tétouan-Mdiq-Martil inauguré par le roi Mohammed VI concernait une grande partie de la ville de Martil afin d’intercepter les rejets et le transfert des eaux usées pompées au niveau des stations “Miramar” et “El Oued” qui déversaient autrefois le bras mort de l’Oued Martil, vers un nouveau système de dépollution avec trois nouvelles stations de pompage réparties sur 9,1 kilomètres. “Toutes ces eaux usées sont acheminées vers la station de pré-traitement de Tétouan qui a été construite dans le cadre de ce système de dépollution”, précise la société. 

Plus récemment, en 2015, l’entreprise chargée du traitement des eaux usées avait équipé en réseau d’assainissement le quartier Dizra et l’avait raccordé au nouveau système de dépollution de Tétouan-Mdiq-Martil via deux stations de collecte et de pompage. 

“Les gens tombent malades. C’est d’une question vitale dont il s’agit!”, martelait Isaac Charia, soulignant avoir également déposé une demande d’expertise auprès du tribunal administratif de Rabat. “Le président du tribunal a donné son aval et ne reste plus qu’à désigner un expert pour mener cette mission”, avait-il ajouté.