TUNISIE
15/02/2019 14h:21 CET

Polémique: En Arabie Saoudite, les femmes sont géolocalisées grâce à une application

Apple et Google priés de retirer l'application de leurs plateformes.

MOHAMMED HUWAIS via Getty Images

L’Arabie Saoudite enchaîne les controverses, souvent à l’égard des droits des femme; et bien que le prince héritier essaye de se présenter comme leur défenseur, les réformes elles, laissent à désirer.

Après la mise en place d’un service d’annonce de divorce par SMS, voici qu’une application mobile “espionne” nommée Absher fait réagir. Les deux géants du mobile, Apple et Google, ont effet été priés de retirer l’application de leurs plateformes.

Celle-ci permet aux “gardiens masculins” (maris, grands frères et pères) de suivre et géolocaliser les femmes dont ils sont censés être en charge, selon les règles aux royaume d’Al -Saoud. Les femmes y sont alors traitées comme des mineurs, et ce à vie. Sans l’autorisation de leurs “gardiens”, elles ne peuvent se déplacer librement.

L’application permet donc aux hommes de suivre le moindre déplacement de leurs femmes, en toute légalité.

Une atteinte complètement inacceptable pour le sénateur démocrate américain Ron Wyden, qui a dans une lettre ouverte demandé à Apple et Google le retrait de l’application, les accusant d’encourager la discrimination de genre, en facilitant ces pratiques de ségrégation au gouvernement saoudien.

Les services offerts par l’application vont bien au delà de la simple géolocalisation, car ils permettent également de révoquer ou d’autoriser le droit de voyager à sa femme, et de recevoir une alerte instantanée dès que celle-ci accède à l’enceinte d’un aéroport.

Lancée en février 2016, cette application conçue et mise en ligne par le gouvernement, enregistre déjà plus d’un million de téléchargements, et est régulièrement mise à jour. Elle est disponible sur les deux principales plateformes d’applications mobiles, Appstore et Google Play Store.

Pour leur part, les deux géants du mobile affirment avoir lancé une enquête à ce sujet, afin de vérifier la conformité de l’application avec les règles de leurs plateformes.

La stratégie du prince héritier qui s’efforce de se donner une image progressiste, semble ainsi se heurtée à la réalité. Et pour cause, les exactions se multiplient à l’image des annonces, et le respect des droits de l’homme, ainsi que l’égalité entre les genres, est toujours pointée du doigt par la communauté internationale.

En début d’année, Rahaf Mohammed al-Qunun, une jeune Saoudienne, avait fui le royaume et trouvé refuge au Canada. Elle a affirmé craindre pour sa vie, et s’était enfermée dans sa chambre d’hôtel à Bangkok avant qu’elle ne soit prise en charge par le Haut Commissariat pour le Réfugiés (HCR) des Nations-Unies, et qu’elle obtienne asile au Canada.

Le cas de la jeune fille avait interpellé l’opinion publique internationale.

Mais les réformes voulues par le prince en faveur des femmes sont accordées au compte-goutte. Celles-ci commencent à obtenir des droits jusque-là exclusifs aux hommes.

Si elles sont, depuis peu, autorisées à conduire, voter aux élections locales, assister à des matchs dans des stades, ou encore exercer certaines professions jusque-là prohibées, les Saoudiennes sont de plus en plus actives sur les réseaux sociaux pour réclamer davantage de libertés et moins de tutelle des hommes pour voyager, travailler, se marier ou même se faire soigner. 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.