MAROC
25/09/2018 12h:16 CET

Polémique autour de la projection de films marocains en Israël, les explications de Nabil Ayouch

Les films "Sofia" et "Razzia" sont toujours programmés malgré l'opposition des réalisateurs.

AFP Contributor via Getty Images

ISRAEL - Ces derniers mois, la question du boycott culturel d’Israel fait débat parmi les professionnels du cinéma. Le débat a touché de plein fouet plusieurs cinéastes marocains, lorsque leurs films ont été programmés à l’occasion du Festival du film de Haïfa.

Le festival israélien a en effet annoncé la diffusion de trois films marocains, “Apatride” de Narjiss Nejar, “Razzia” de Nabil Ayouch et “Sofia” de Meryem Benm’Barek.

Si tous ont affirmé leur volonté de retirer leurs films de la programmation du festival, seul “Apatride” de Narjiss Nejar ne fait plus partie du planning, comme l’a fait remarquer le militant pro-palestinien et activiste du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions), Sion Assidon, sur sa page Facebook:

Contacté par le HuffPost Maroc, le festival a confirmé la déprogrammation d’“Apatride” et le maintien de “Razzia”. Le cas de “Sofia” n’est cependant pas précisé, ce dernier film n’étant pas classifié comme “marocain” par le festival.

“J’aurais aimé être informé”

Une situation qui dérange particulièrement Nabil Ayouch. Ce dernier confirme au HuffPost Maroc que son film a bien été maintenu dans la programmation du festival, et ce malgré la demande formulée au vendeur international du film: “J’ai demandé à la personne en charge de la vente internationale du film de le retirer de ce festival. Ce dernier a d’abord affirmé qu’il entendait mes arguments mais a finalement, au nom de ses intérêts commerciaux, préféré le garder dans ce festival”.

Le réalisateur explique que le vendeur est le même que celui du film “Sofia”, ce qui expliquerait son maintien malgré la demande de Meryem Benm’Barek de le retirer. “C’est un territoire particulier, j’aurais aimé être informé”, poursuit le réalisateur, insistant sur le fait qu’il na pas de pouvoir de décision sur les territoires et festivals internationaux dans lesquels sont programmés “Razzia”.

Nabil Ayouch, malgré son opposition initial au boycott culturel d’Israël, est cependant revenu sur cette position en réaction à la “politique israélienne vis à vis des Palestiniens ces dernières années”. 

Le 13 septembre dernier, l’antenne marocaine du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) et l’activiste de ce même mouvement, Sion Assidon, appelaient sur les réseaux sociaux trois réalisateurs marocains, Nabil Ayouch, Meryem Benm’Barek et Narjiss Nejjar à retirer leurs films programmés dans le cadre du festival de Haïfa.