TUNISIE
13/01/2019 15h:49 CET | Actualisé 13/01/2019 16h:10 CET

Les propos de Lazhar Akremi devant des enfants font polémique, le ministère porte plainte, la HAICA réagit

“Une violation grave de la dignité de certaines personnalités, et leur diffamation devant des enfants, sans tenir compte de leur âge”

L’épisode de l’émission “La classe” diffusé samedi 13 janvier sur la chaîne de télévision privée “Tunisina tv” fait polémique suite aux propos tenus par l’avocat, journaliste et ex-ministre Lazhar Akremi, alors qu’il animait l’émission devant des enfants de 8 et 9 ans.

Incarnant le rôle d’instituteur dans une salle de classe, ce dernier s’est livré à des critiques envers plusieurs personnalités politiques, tout en faisant participer les enfants à ce jeu, comme le montre la vidéo en tête de l’article.

Le fait de mêler des enfants de moins de 10 ans aux conflits politiques est le point qui fâche dans cette histoire, qui a fait réagir le ministère de la Femme, de la Famille, et et de l’Enfance. Ce dernier a publié un communiqué dans lequel il annonce porter plaine auprès de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA).

Le ministère explique que la convention internationale des droits de l’enfant ainsi que le code de la protection de l’enfant garantissent aux enfants le droit de participer à la vie politique, à travers notamment le parlement de l’enfant, ou alors d’autres activités qui leurs soient adaptées.

Mais ce qui a été diffusé n’a aucun lien avec ce droit, explique le ministère, car il est clair qu’il s’agit d’une exploitation de ces enfants aux profits d’intérêt politiques personnels. Ceci peut également développer de l’intolérance chez ces enfants, et inciter à la haine, toujours selon le communiqué.

Le ministère s’est alors adressé à la HAICA, en vue de prendre les mesures nécessaires face à cette violation de l’article 19 du Code la Protection de l’Enfant.

La réaction de la HAICA n’a alors pas tardé à tomber. En effet, celle-ci a annoncé dans un communiqué qu’une sanction a été prise à l’encontre de la chaîne de télévision en question, invitant son représentant légal à se présenter lundi 14 janvier afin de prendre connaissance du contenu de ladite sanction.

 

La HAICA a fermement condamné ce qui s’est passé, le qualifiant de “violation grave de la dignité de certaines personnalités et leur diffamation devant des enfants sans tenir compte de leur âge et de leur maturité”, pointant du doigt “un emploi politique de l’émission et une atteinte aux intérets des enfants présents.”

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