TUNISIE
26/11/2018 14h:43 CET | Actualisé 26/11/2018 15h:36 CET

Plusieurs organisations se mobilisent contre la venue de Ben Salmane en Tunisie

"Non à la profanation de la Tunisie", a écrit le SNJT dans une affiche accrochée à son siège, montrant le prince saoudien de dos, une scie électrique à la main.

Zoubeir Souissi / Reuters

Après l’envoi d’une lettre au président Béji Caid Essebsi dénonçant la visite du prince hériter saoudien Mohamed Ben Salmane en Tunisie, voilà que le siège du syndicat national des journalistes de Tunisie (SNJT) a arboré aujourd’hui des affiches d’opposition à cette visite.

La position du syndicat est claire est catégorique: MBS n’est pas le bienvenu en Tunisie

 

Des slogans de protestations ont alors été accrochés au bâtiment du syndicat, où on peut lire “Non à la venue de Ben Salmane sur les terres de Tunisie la Révolution”.

Dans une affiche montrant le prince de dos, tenant une scie électrique dans sa main -en référence à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi- le SNJT a qualifié la visite de MBS de “profanation des terres de la Tunisie.”

Le syndicat a également accueilli aujourd’hui la Conférence de presse des organisations de la société civile tunisienne, avec la participation de nombreuses associations.

 

Il a ainsi salué, dans une lettre, le soutien civil et populaire apporté à son action, réitérant sa condamnation du meurtre atroce du journaliste opposant saoudien, Jamal Khashoggi.

“Si l’entière vérité n’est pas faite sur ce meurtre, et que tous les responsables ne sont pas punis, aussi bien les exécutants que les donneurs d’ordre, tous les gouvernements oppressifs du monde y verront un feu vert, ce qui ouvrira la voie aux meurtres de journalistes.” a écrit le SNJT dans sa lettre, appelant à la désignation d’une commission internationale sous le haut patronage des Nations Unies chargée d’enquêter sur cette affaire et assurer la condamnation des coupables.

Vendredi dernier, le SNJT s’est dit profondément indigné par la visite de Mohamed Ben Salmane, prévue demain, le 27 novembre.

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République Béji Caîd Essebsi, le Syndicat a dit fermement rejeter la visite, la qualifiant de “provocante” dans la mesure où elle constitue une “violation criante des principes de la Révolution”.

“Mohamed Ben Salmane est un véritable danger pour la paix et la sécurité dans le monde. Il est l’ennemi de la liberté d’expression”, a fustigé le Syndicat dans la lettre signée par son secrétaire général Soukeina Abdessamad.

Le syndicat s’est dit surpris par la visite du Prince héritier Mohamed Ben Salmane qui intervient un mois après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume à Istanboul.

Selon des rapports internationaux, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, serait directement impliqué dans le meurtre du journaliste et dissident Jamal Khashoggi, ce que Riyad dément catégoriquement.

Soutien au SNJT

Beaucoup ont réagi à l’annonce de cette visite, lançant le hashtag (#لا_أهلا_و_لا_سهلا) qui veut dire “Pas de bienvenue”.

Outre les internautes, des organisations comme l’Association des femmes démocrates (ATFD) ont exprimé leur opposition. Cette dernière avait également accroché une affiche rejetant la visite.

“Non à la venue du bourreau des femmes.” a écrit l’ATFD.

Réponse de la présidence de la République

La porte-parole de la présidence, Saida Garrache, a quant à elle affirmé, sur les ondes de Shems FM, que la Tunisie reste sur sa position initiale, qu’elle condamne “l’assassinat atroce” de Jamal Khashoggi, et qu’elle réclame la vérité à ce sujet.

Le conseiller auprès de la présidence de la République, Noureddine Ben Ticha, a pour sa part déclaré que le Prince saoudien est “le bienvenu en Tunisie”, à l’instar des autres dirigeants arabes, relevant que “le président de la République a, depuis son accession à la magistrature suprême, œuvré à la consolidation des relations bilatérales avec les pays frères et amis”.

Il a, dans ce sens, affirmé l’importance du rôle de l’Arabie Saoudite dans la région, rappelant la solidité des liens séculaires qui unissent la Tunisie et l’Arabie Saoudite.

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