TUNISIE
20/12/2018 11h:36 CET

Plusieurs journalistes, dont une femme enceinte, agressés lors d'une manifestation des enseignants, le SNJT s'insurge

Le SNJT se réserve le droit de porter plainte contre tout enseignant qui aurait frappé ou insulté des journalistes.

La journée de colère des enseignants, qui s’est déroulée, mercredi, à l’appel de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, a donné lieu à une scène ahurissante, où plusieurs enseignants s’en sont pris à des journalistes, dont Amira Houilmi Rezgui, la camerawoman de la chaine El Hiwar Ettounsi et son collègue.

Intervenant dans l’émission “Tounes Elwaym”, cette dernière, enceinte, relate les violences dont ont été victimes les journalistes, en marge de cette manifestation.

“Il y a eu des petites pressions, auxquelles nous étions habitués comme les insultes. En arrivant à l’avenue Habib Bourguiba, nous voulions obtenir une déclaration de Lassaad Yaacoubi” affirme-t-elle, expliquant que ce dernier a refusé de parler à la chaine et a commencé à pousser son collègue.

Voulant filmer cette scène, Amira se retrouve prise à partie, certains enseignants essayant de lui casser la caméra par tous les moyens, notamment en la poussant et en la frappant. Leur expliquant qu’elle était enceinte, elle affirme que cela ne les intéressait pas: “leur seul but était de casser la caméra. Ils ont continué de frapper” déplore-t-elle, soulignant qu’ils ont tenté d’empêcher les autres journalistes de filmer la scène où elle se faisait frapper.

“Nous avons fui vers l’hôtel El Hana où des policiers nous ont protégé, car ils nous ont suivi” narre Amira.

 

“Ce qui m’a fait mal, c’est d’avoir trouvé un de mes enseignants lors de cette manifestation. Quand il m’a reconnu il a essayé de me protéger mais il n’a pas réussi” dit-elle, en larmes.

″Être enceinte n’est pas un handicap, ça ne doit pas pouvoir m’empêcher de travailler!” a-t-elle conclu.

Le Syndicat des journalistes s’insurge

En plus des journalistes d’El Hiwar Ettounsi, quasiment tous les médias présents pour la couverture de cette manifestation ont été pris à partie, comme ceux de la chaine télé Hannibal, de Shems Fm ou encore de Radio Med.

Ces violences envers les journalistes a amené le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a appelé les médias à ne plus couvrir les mouvements des enseignants. 

Le Syndicat a en outre appelé le ministère public à intervenir et se réserve le droit de porter plainte contre tout enseignant qui aurait frappé ou insulté des journalistes, faisant porter la responsabilité de ces violences à la Fédération générale de l’Enseignement secondaire, “incapable d’encadrer” ses militants.

Selon le SNJT, une telle campagne menée contre des journalistes, n’avait pas eu lieu depuis 2012, menée à l’époque par les Ligues de protection de la révolution.

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