TUNISIE
17/04/2018 17h:41 CET

"Plus jamais seuls": Les LGBT du monde arabe se mobilisent à travers ce film

Parmi ceux qui ont témoigné, il y a le chanteur du groupe Mashrou’Leila, le libanais Hamed Sinno, l’acteur égyptien Omar Sharif Jr, l’écrivain marocain Abdallah Taïa.

Ils sont Libanais, Égyptiens, Algériens, Tunisiens...ils sont gays, lesbiennes, bisexuelles, transsexuelles...et ils partagent le même calvaire dans leur pays respectifs à cause de leur orientation sexuelle. Certains le vivent en silence, ceux qui s’assument subissent les contrecoups de la part de l’État et de la société qui les refusent. 

L’ONG Human Rights Watch en partenariat avec la Fondation arabe pour les libertés et l’égalité (AFE) leurs a donné la parole pour briser le silence et décloisonner la lutte pour la décriminalisation de leurs orientation sexuelles, et ce à travers ce court film intitulé “Plus jamais seuls”, publié le 16 avril. 

Parmi ceux qui ont témoigné, il y a le chanteur du groupe Mashrou’Leila, le libanais Hamed Sinno, l’acteur égyptien Omar Sharif Jr, l’écrivain marocain Abdallah Taïa. 

La découverte et l’acceptation de l’orientation sexuelle, les liens avec la famille, le regard stigmatisant de la société, etc, sont autant de sujets évoqués par les témoignages. (vidéo ci-dessous)   

L’acceptation passe par les mots

Comment désigne-t-on ces personnes? Le dialecte tunisien, comme celui des autres pays arabes, regorge de mots péjoratifs, d’insultes pour les représenter. Les médias évoquent diverses terminologies: “homosexuels”, “LGBT” (lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres), “LGBTQI++” (ça englobe les personnes se définissant comme queer (Q), celles qui sont intersexuées ((I), et les ++ pour signifier l’infinité des orientations sexuelles) .

Entre les injures et les mots neutres, le champ lexical est à clarifier. Lors du Festival “Couleurs d’avril” à Tunis, un atelier a été consacré à cette question. 

La terminologie joue ici un rôle dans le processus d’acceptation. “Ceci est important pour que les personnes concernées puissent s’identifier par des mots et des mots positifs afin de combattre la marginalisation”, plaide Bochri Triki, de l’association Chouf, au HuffPost Tunisie. 

Car ce qui prévaut aujourd’hui ce sont les mots péjoratifs et ils sont parfois utilisés par la communauté LGBTQI elle-même: “La réappropriation de ces insultes par la communauté est un moyen de les minimiser. On ne renforce pas l’insulte, au contraire, on la banalise”, souligne la représentante de Chouf. 

Bochra Triki, qui animait l’atelier, propose de réfléchir sur la terminologie la plus appropriée en langue arabe. Un appel à participer à cette question a été ouvert: “Dans nos plaidoyers à l’étranger, le terme LGBTQI++ est assez large et connue pour être compris mais il faut inventer nos propres mots, nos propres références en dialecte ou en arabe afin que tout le monde puissent les comprendre et s’y reconnaitre”, explique-t-elle. Pour y parvenir, elle souligne  la richesse de la littérature et des références locales. 

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