TUNISIE
09/11/2018 15h:11 CET

Plus de 3 quarts des médecins tunisiens à l'étranger sont partis après la révolution

L'instabilité de la situation socio-économique et l'insécurité en sont à l'origine.

NanoStockk via Getty Images

Selon l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE), plus de 3 quarts des médecins tunisiens travaillant à l’étranger, soit 81%, ont quitté la Tunisie après la révolution.

Ce chiffre inquiétant s’inscrit dans tout un phénomène de fuite des cerveaux, observé massivement par la Tunisie dans les années post-révolution.

Ainsi, toujours selon la même source, 95 000 Tunisiens sont partis travailler à l’étranger pendant les 6 dernières années dont la plupart sont des universitaires (78%).

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L’Europe reste le premier continent de destination, et plus particulièrement la France. Avec le manque de compétences dans le domaine de santé dans certains pays européens à l’instar de l’Allemagne, la demande sur les médecins tunisiens se fait de plus en plus importante.

Ainsi, le secteur de la santé demeure le secteur qui compte le plus de départs, suivi des secteurs de l’éducation, de l’agriculture et de la pêche, de la mécanique, des finances ainsi que de l’économie et des sciences physiques.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce phénomène, notamment la détérioration de la qualité de vie en Tunisie, avec l’inflation et la chute de la valeur du dinar, qui ont donné naissance à une situation socio-économique instable.

Les diplômés se sont alors tournés vers la migration, trouvant des marchés de travail accueillants dans plusieurs pays européens.

Des chiffres effarants

En juillet dernier, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi avait affirmé que depuis le début de l’année 2018, 630 médecins ont quitté le pays et “914 autres le quitteront en 2019 selon les estimations”. 

“D’ici 2022, ce sera près de 2700 médecins” qui quitteront le pays a-t-il prédit.

En 2017, 45% des nouveaux médecins inscrits à l’Ordre, ont quitté la Tunisie, selon le secrétaire général de l’Ordre national des médecins, Néji Zghal.

Ce taux a plus que quadruplé au cours des cinq dernières années. “En 2012, le taux de médecins ayant quitté le pays frôlait les 9%” a-t-il regretté en précisant qu’une flexion a été observée à partir de 2014 pour monter en flèche récemment.

Les médecins ne sont pas les seuls à avoir choisi de quitter le pays pour trouver de nouvelles opportunités ailleurs. Selon une étude publiée en janvier 2018 par l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens, 4 mille enseignants universitaires ont émigré à l’étranger et 80% comptent aussi quitter le pays et ce, selon les statistiques de l’institut tunisien des études stratégiques.

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