MAROC
26/06/2019 15h:29 CET | Actualisé 26/06/2019 15h:30 CET

Plus de 3.200 personnes poursuivies pour adultère ou homosexualité en 2018

73 pour avortement clandestin.

Peter Berglund via Getty Images
Photo d'illustration. 

SOCIÉTÉ - La liberté individuelle devant la justice. 3.048 personnes ont été poursuivies pour “délit d’adultère” au Maroc en 2018, rapporte l’agence de presse espagnole EFE, citant un rapport annuel de politique pénale du Procureur général. La même année, 170 personnes se sont retrouvées devant la justice pour homosexualité et 73 personnes pour avortement. Pratiques “sanctionnées par la loi marocaine”, rappelle EFE dans le cadre de “crimes contre l’ordre de la famille et de la morale publique”.

L’adultère est puni par l’article 491 du Code pénal. Le conjoint en faute peut écoper de prison ferme (jusqu’à deux ans), seulement si “le conjoint qui se considère lésé se plaint; si ce dernier retire la plainte, l’affaire est classée”, indique EFE. L’homosexualité est régie par l’article 489 du code pénal. Les poursuites peuvent entraîner de 6 mois à trois ans d’emprisonnement pour “actes contre nature avec des individus du même sexe”. “147 affaires ont été ouvertes en 2018 et 170 personnes ont été poursuivies (il y en avait 197 en 2017)”, précise l’agence de presse.

Dans ce rapport, on retrouve aussi le nombre de personnes poursuivies pour avortement, pratique toujours punie, quelles que soient les circonstances, en attendant que le projet de loi soit voté. “Le même rapport, qui regroupe les différentes activités du ministère public et les affaires traitées tout au long de l’année, comprend également des affaires de mariage de mineurs”, ajoute EFE. L’année dernière, 36% des demandes en mariage de mineurs ont été rejetées (soit 12.140 demandes rejetées contre 18.422 demandes acceptées).