MAROC
13/09/2018 17h:17 CET

Pluies à Casablanca: la Lydec affirme avoir traité immédiatement tous les points de débordements

La zone Est de la capitale économique a été la plus touchée par les pluies.

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URBANISME - Les premières pluies de l’année se sont abattues, mercredi soir, dans différentes régions du royaume, mais il semblerait que la zone Est de Casablanca ait été l’une des plus touchées par ces averses orageuses. Voitures englouties, routes bloquées et maisons inondées, la ville blanche s’est retrouvée, une fois encore, incapable de faire face aux pluies.

Pourtant, la direction météorologique nationale n’a enregistrée que 17 mm de pluie à Nouacer-Sbata-Bouskoura entre 18h et minuit. Une hauteur de pluie “moyenne” pour Lhoussaine Youabd, responsable de la communication à la Météorologie nationale. La zone Anfa n’a connu, quant à elle, que 6 mm près de la côte casablancaise.

“Les pluies sont dues à une remontée de l’air tropical chaud et humide en provenance du sud vers le nord et une masse d’air froide en altitude, et c’est le mélange de ces deux types de masse d’air qui a développé des nuages et provoqué des instabilités”, explique au HuffPost Maroc Lhoussaine Youabd, responsable de la communication à la Météorologie nationale, soulignant que c’est la région de Boukraa, au sud, qui avec 30 mm a connu les précipitations les plus élevées au Maroc

Sur les réseaux sociaux, les habitants de Aïn Chock n’ont pas hésité à partager des vidéos et photos du quartier sous la pluie pour dénoncer l’état des infrastructures. On peut y voir quelques habitants se portant volontaires pour ouvrir les bouches d’égout, tandis que d’autres s’arment de balais, de raclettes et de seaux, pour essayer, en vain, de faire sortir l’eau de leurs maisons.

Dans une autre vidéo, Amine, un habitant du quartier déplore l’état des lieux en soulignant que les agents de la Lydec, le délégataire des services de distribution d’eau et d’électricité et d’assainissement liquide dans le Grand Casablanca, n’étaient pas encore arrivés.

“Où est la Lydec?”, demande-t-il en ajoutant que ce sont les “fils du peuple” qui ont été réduits à déboucher les routes, tout en mettant en garde les enfants du voisinage pour éviter qu’ils ne tombent dans les égouts.

De son côté, la Lydec a affirmé au HuffPost Maroc avoir déployé ses agents “toujours mobilisés” pour effectuer un pompage, hier soir, au niveau de chaque point de débordement. 

“Tous les points qui ont connu des débordements ont été immédiatement traités. Nos équipes ne dorment pas et travaillent jour et nuit. Dès qu’il y a un débordement, les responsables le localisent et envoient les agents sur place pour le pompage. [...] Le travail de curage du réseau se fait d’ailleurs tout au long de l’année et pas seulement pendant les fortes pluies”, apprend-on auprès de la Lydec.

Une future galerie de stockage

Pour éviter d’éventuels débordements, la Lydec prévoit d’effectuer de plus gros travaux en lançant le projet baptisé “Système de renforcement Est”, qui englobe toute la zone Est de Casablanca et vise la protection de la zone contre les inondations.

À terme, le système sera constitué de près de “18 kilomètres de collecteurs d’un très grand diamètre”, et permettra “d’évacuer les eaux pluviales excédentaires vers la mer et de protéger ainsi la zone Est contre les débordements localisés”, annonce un communiqué de Lydec publié ce mercredi 12 septembre, quelques heures à peine avant les débordements rapportés par de nombreux témoignages. 

La compagnie des services d’assainissement a déjà lancé un appel d’offre pour entamer les travaux dans le quartier Hay Sadri où sera construite une galerie de stockage des eaux pluviales. Situé Avenue Mohamed Bouziane, le quartier est l’un des points bas de la ville qui se retrouve inondé lors des pluies. 

“Le projet de la galerie de stockage consiste en la réalisation d’un collecteur construit à plus de 30 mètres de profondeur, d’une longueur de près de 1,4 km et d’un diamètre de 4 mètres. [...] Les eaux qui débordent seront stockées dans cette infrastructure d’envergure qui aura une capacité de 14.000 mètres cube”, précise le communiqué.

Le coût du projet, dont la réalisation prendrait environ deux ans, s’élèverait à près de 185 millions de dirhams, d’après la Lydec.