ALGÉRIE
18/05/2018 05h:30 CET

PLFC 2018: les taxes sur les importations de kits CKD et SKD largement revues à la baisse

Zohra Bensemra / Reuters

Contrairement aux droits de timbres du passeport, de la carte d’identité biométriques et du permis de conduire à la charge des citoyens, les taxes sur l’importation de pièces détachées de véhicules sous la formule “SKD” et “CKD”, à la charge de concessionnaires automobiles, ont été largement revues à la baisse dans la mouture révisée du projet de Loi de finances complémentaire 2018.

Alors que des augmentations vertigineuses de taxes sur cette activité étaient énoncées dans la première mouture, rejetée par le président Bouteflika, les importations de collections “CKD” et “SKD”, destinées aux industries de montages de véhicules, ont finalement été soumises à une ... TVA à taux réduit de 9%. 

Le projet de Loi de finances complémentaire de 2018 prévoyait d’imposer des augmentations des taxes sur l’importation des pièces détachées allant de 200 à 500 %. Toutefois, le président Abdelaziz Bouteflika s’est opposé à cette première mouture, instruisant son Premier ministre, Ahmed Ouyahia de revoir sa copie. 

Selon de bonnes sources au HuffPost Algérie, le Président aurait désapprouvé “cette pression fiscale sur les citoyens et les entreprises alors que la situation économique est moins tendue et que les perspectives paraissent moins sombres qu’annoncées par des experts”. 

Cependant, les constructeurs automobiles sont finalement les seuls à avoir bénéficié d’une révision à la baisse des taxes sur leur activité dans le PLFC 2018 révisé. Le gouvernement a-t-il cédé au lobby des concessionnaires automobiles ? 

La facture d’importation des collections CKD/SKD destinées à l’industrie de montage des véhicules (toutes catégories) a pourtant connu une nette augmentation sur les deux premiers mois de 2018 par rapport à la même période 2017, selon les Douanes algériennes en avril.

Ces opérations se sont chiffrées à 449,1 millions de dollars entre début janvier et fin février 2018, contre 219,5 millions de dollars sur la même période de 2017, en hausse de près de 230 millions de dollars (+104%), rappelle-t-on.

Les citoyens semblent être les grands perdants puisqu’ils devront payer des taxes en hausse parfois de 315% dans certaines catégories de droits de timbres sur des documents.

Les sociétés opérant dans l’importation de marchandises pour la consommation sont les autres perdants, puisque le même document maintient l’instauration d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde (DABS) à leur charge, fixé entre 60 et 200% de la valeur de la marchandise. 

Plusieurs changements ont été apportés aux mesures du projet de Loi de finances complémentaire 2018, objet de désaccords entre le président Abdelaziz Bouteflika et son Premier ministre, Ahmed Ouyahia, en prévision du prochain Conseil des ministres.

 La concession des terres agricoles pour des investissements industriels, annoncée par la première mouture de ce projet, a été retirée.