MAROC
18/11/2018 13h:35 CET

PLF 2019: Le parti de l'Istiqlal explique les raisons de son vote "contre"

“Un PLF qui se veut être social sans y investir les moyens suffisants pour y arriver"

www.istiqlal.info

PARLEMENT - Son vote n’est pas lié seulement à sa position. Les députés du parti de l’Istiqlal à la Chambre des représentants font partie des 93 ayant voté contre le Projet de loi de finances (PLF 2019) au cours d’une séance plénière qui s’est tenue vendredi 16 novembre. A l’issue de celle-ci, le PLF 2019 n’a pas eu droit à l’unanimité des votes mais à la majorité: 189 députés ont voté pour et 93 contre.

Si le PI a voté contre, c’est pour mettre l’accent sur les “dysfonctionnements d’un PLF qui se veut être social sans y investir les moyens suffisants pour y arriver”, insiste le parti de Nizar Baraka dans un communiqué publié ce dimanche sur sa page web. Et dans ce dernier, le parti estime que ce PLF “ne répond pas aux attentes de plusieurs tranches sociales et plus précisément les jeunes, les catégories sociales précaires et la classe moyenne”. “Il ne s’est pas penché sur le traitement des préoccupations des jeunes, restées le parent pauvre des politiques publiques. Les jeunes marocains se retrouvent à la marge de la société soufrant de chômage, de désespoir et de frustration”, affirme-t-il.  

Aucune mesure pour “désamorcer la crise économique et la situation sociale marquée par la tension”, reprochent les députés du PI au PLF 2019 justifiant leur vote par également “l’absence de mesures pour l’amélioration des revenus des citoyens et leur pouvoir d’achat et garantissant leur protection sociale”.   

Pour le groupe des députés istiqlaliens, ce sont les équilibres macro-économiques qui ont orienté ce PLF dans sa majorité “au lieu de mettre le développement économique et social au centre de ses intérêts”. Et de soutenir que ce projet ne s’articule pas autour “de visions et de choix clairs alors qu’il représente “un enjeu pour le pays” à différents niveaux pour toute une année.

Enjeu remis en question, le PI accuse aussi le gouvernement d’avoir fait machine arrière sur plusieurs de ses engagements. Ils en cite, entre autres, la réduction des disparités entre régions, la concrétisation de la régionalisation avancée et la mise en place de réformes liées principalement à la compensation, à la retraite et à la fiscalité.

“Contre, parce que le gouvernement a été avare dans le traitement de nos amendements”, explique, par ailleurs, la même source assimilant ce refus par “un vecteur de la relation entre les deux pouvoirs exécutif et législatif et plus particulièrement avec l’opposition parlementaire alors qu’elle devrait être basée sur la coopération et la complémentarité”.