20/02/2019 12h:12 CET | Actualisé 20/02/2019 12h:12 CET

Plafonnement des prix du carburant: Daoudi s'est réuni avec les pétroliers marocains

Premier round de négociations.

FADEL SENNA via Getty Images

CARBURANT - Difficile mais pas impossible. Le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, annonce avoir réussi à convaincre le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), après une réunion qui s’est tenue hier soir.

Dans une déclaration au site d’information de son parti PJD.ma, il a reconnu que ce premier round des négociations visant à trouver un accord sur le plafonnement des prix du carburant “a été un peu difficile”, estimant, toutefois, que cette tension n’est pas exceptionnelle. “Mais les représentants des sociétés ont fini par comprendre que la situation actuelle ne peut continuer et accepté le principe du plafonnement des prix du carburant”, affirme le ministre. 

Mais pour aboutir à un consensus en bonne et due forme, comme le souhaite le gouvernement, il faudra continuer ces négociations. Lahcen Daoudi veut un plafonnement qui dure dans le temps et qui impose aux sociétés de ne plus augmenter leur marge de bénéfice. “Si on les laissait faire ce qu’elles veulent, le consommateur en paiera le prix. C’était le cas avant le Conseil de la concurrence (CC) et ça le sera encore après. La situation ne risque pas de changer”, constate-t-il, faisant allusion à l’avis du CC, présenté vendredi dernier, qui désapprouve ce plafonnement.

Pour Daoudi, il n’est pas question que le gouvernement n’intervienne pas. “Les pétroliers gagnent plus de 2 dirhams en marge de bénéfice et demain ce sera 3 dirhams, on ne peut pas faire le spectateur!”, tranche-t-il. 

Le gouvernement veut imposer une pression à ces sociétés coûte que coûte au nom de la préservation du pouvoir d’achat du consommateur. “Les deux seront gagnants”, estime le ministre, assimilant le plafonnement à “un équilibre entre sociétés et consommateurs”. Et dans cette vision, Daoudi devra rencontrer, ce mercredi, les patrons des stations-services comme il l’a a annoncé dans sa déclaration.

Sa quête risque d’être longue car, pour le GPM, “les prix à la pompe au Maroc sont les moins chers parmi 28 pays du pourtour méditerranéen”, c’est ce qu’a affirmé son président Adil Ziady dans une interview accordée aux Eco.ma, hier. Dans celle-ci, Ziady estime que “si l’on examine le prix du carburant, c’est 90% entre les prix à l’international et la TIC (taxe intérieure sur la consommation), et toutes les autres données sont quasiment fixes. On ne comprend donc pas vraiment quelle est la problématique”.

Dans son verdict sur le plafonnement, le CC a souligné que “ce choix ne sera pas suffisant ni judicieux d’un point de vue économique et concurrentiel et en terme de justice sociale”. Il a également précisé que le plafonnement reste une mesure à durée déterminée dont l’expérimentation au Maroc en 2014 n’a pas été concluante. 

Sollicité par le gouvernement, le CC a fini par le décevoir. Pour Daoudi, “la sortie du CC est politique et inacceptable”. Il a déclaré, le jour même de la présentation par le CC de son avis, que cet organisme “ne doit pas s’ingérer dans l’évaluation des décisions gouvernementales parce qu’il a le devoir de réserve”.