MAROC
02/07/2018 16h:59 CET

PJD: Le dialogue interne résoudra-t-il les difficultés du parti?

Le parti de la lampe reste scindé en deux clans qui campent sur leur position.

PJD/Facebook

PARTIS - Il en faudra plus pour recoller les morceaux. À l’issue du premier round du dialogue interne du PJD, tenu ce week-end autour du thème ”Évaluation politique générale”, l’appel du secrétaire général Saad-Eddine El Othmani à son équipe de rester “positive” et “optimiste” n’a pas eu un effet apaisant. 

Au HuffPost Maroc, un membre du PJD participant à ce dialogue confie que ce round était une sorte de “séance de défoulement collective, sans plus”. Peu convaincu de l’efficacité de ce dialogue, il estime que ce dernier ne fera que “noyer les chagrins” sans résoudre les vrais problèmes du parti. Et pour cause, le processus de ce dialogue risque de s’étaler sur une période d’à peu près cinq mois à partir de la fin juillet, avant de faire escale, en décembre, dans les régions. 

“Une longue période de mise en attente qui pourrait facilement prendre une année”, à en croire notre source, regrettant que “le secrétariat général du parti repousse ainsi le moment crucial d’une véritable remise en question”. Celle-ci risque, en effet, de susciter “une crise de légitimité” au sein du secrétariat général, car depuis les élections du 7 octobre 2016, la fracture au sein du parti ne s’est pas résorbée. 

Résultat: le PJD reste scindé en deux clans qui campent, à ce jour, sur leur position. L’un estime que le parcours démocratique du parti s’est brisé aux dernières élections et en impute la responsabilité au secrétariat général. Le second, lui, se veut à la fois conciliant et fataliste puisqu’il se dit convaincu que le secrétariat général “n’avait pas d’autre choix”.

L’un comme l’autre, soutient notre source, reconnaissent presque à l’unanimité que “le parti a pris un coup au niveau de sa position, son image et sa popularité”. La Lampe du PJD doit être “changée”, à l’évidence. “Il faut réhabiliter l’image du PJD”, plaide ce membre. Une situation qui fait craindre, tout logiquement, un impact sur la confiance des électeurs. Si certains estiment que le PJD dispose toujours de chances pour une éventuelle première position aux prochaines législatives, en 2021, le doute plane, cependant, sur la possibilité qu’il puisse récolter autant de voix que par le passé. 

Face à ce climat de tension, le dialogue interne représente un remède ”à moindre coût” pour la direction du parti. “Accablée par les critiques”, nous décrit ce participant au dialogue, celle-ci “n’a pas hésité à couper court” à leurs interventions. Mais Saad-Eddine El Othmani a tenu, dans son discours de clôture, à calmer les esprits en appelant les membres du parti à remettre par écrit leurs avis à la commission en charge de rapporter les travaux du dialogue interne.

Le secrétaire général du parti a également tenu à exprimer la “fierté” de son équipe, précisant que ce premier round du dialogue interne n’a pas pour but de sortir avec des recommandations, mais “d’échanger des idées et des opinions”.

Si ce n’est pas la première fois que le PJD organise un dialogue interne, celui qu’il entame cette année intervient dans un contexte de tension particulière. La réforme a été sollicitée en priorité par les participants à ce premier rendez-vous du dialogue interne du PJD convaincus également, dans leur majorité, d’un recul de la démocratie au Maroc.

Pour Bilal Talidi, membre du conseil national du PJD, qui a présenté à l’occasion une intervention sur le sujet, le recul de la démocratie au Maroc ne peut être imputé au climat international ou aux mutations régionales. “Ces derniers n’ont été ni un promoteur, ni un frein du processus démocratique marocain parce que la question même de la démocratie n’était pas inscrite sur leur agenda”, précise-t-il dans une déclaration au HuffPost Maroc

D’après lui, deux grandes questions ont orienté le débat au cours du premier round du dialogue interne. Le premier devait vérifier l’impact du climat international sur le processus démocratique marocain et le second évaluer le parcours du parti. Les participants se sont accordés sur la nécessité d’une initiative politique devant faire de la réforme une priorité et permettre de relancer le processus démocratique. Une vision qui devrait s’éclaircir aux prochaines échéances du dialogue interne.

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