TUNISIE
16/04/2018 20h:32 CET

L'artiste tunisien Slown prône la "photocratie" et entame sa première exposition personnelle à Paris (INTERVIEW)

Le vernissage de l'exposition aura lieu ce vendredi 20 avril à 18h30 à la Galerie La La Lande dans le 14ème arrondissement de Paris.

SLOWN

“Photocratie, Le pouvoir des images” c’est le titre de la prochaine exposition de l’artiste Slown qui se tiendra du samedi 21 avril au vendredi 4 mai prochains à la galerie La La Lande à Paris. 

SLOWN
SLOWN, American teen. 

Photographe plasticien et réalisateur de fiction tunisien, Slown a grandi sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, avant d’observer l’élan de démocratie affranchi par la révolution de 2010, qui a entrainé avec lui celui de la “photocratie”. Dans cette émancipation de l’image trop souvent nostalgique, Slown préfère celle de l’avenir.  

Avec l’exposition Photocratie, le jeune artiste nous mène avec humour à la découverte de son univers à la fois libre et imaginaire.

À cette occasion, le HuffPost Tunisie est allé à sa rencontre.

 

HuffPost TunisieD’où te vient ce nom qui dissimule ta véritable identité?

Slown: Slown est né à l’adolescence quand j’ai eu une envie d’émancipation et de réinvention. Je me suis créé ce pseudonyme pour pouvoir me démarquer de moi-même et tenter de devenir celui que j’ai envie d’être.

Comment t’es-tu initié à la pratique artistique ?

Tout a commencé durant un voyage familial, mon père avait acheté notre premier appareil photo numérique, il m’avait demandé de photographier notre aventure mais très vite j’ai vu en cet objet un moyen de m’exprimer. Par la suite je me suis mis a créer des images puis par le hasard des rencontres on m’avait confié que j’avais un regard particulier et que je devais continuer sur ce chemin.

C’est donc ce que j’ai fait à travers des expositions collectives et des concours jusqu’au point d’orgue en 2009 où j’ai eu la chance de faire ma première exposition personnelle “Tunice”, qui fut un beau succès. Fort de cette expérience je me suis envolé vers Montréal pour suivre des études de photographie et me professionnaliser.

En 2013, je suis rentré en Tunisie pour savourer les fruits de la révolution. j’ai eu la chance de faire une grande série d’expositions itinérantes, “Réalisateurs en Portraits” qui a connu quatre éditions. En 2015 j’ai exposé “Ma Tunisianité” à l’Institut Français, une exposition personnelle qui présente ma lecture de ma propre identité tunisienne, puis me voila installé à Paris depuis 2016 pour de nouvelles aventures comme celle-ci “Photocratie”. 

 

SLOWN
SLOWN, Futiloscopie.

 

On retrouves certains personnages familiers dans tes représentations, quelles sont tes inspirations? 

Mes inspirations viennent de mes rêveries et de mon envie de m’exprimer. Quelques artistes m’inspirent aussi beaucoup comme le peintre américain Edward Hopper ou la folie de Dali sans parler de la grande Frida Kahlo ainsi que certains réalisateurs comme Tim Burton, Kubrick ou Spielberg. En termes de photographe, j’ai un grand amour pour le travail de David la Chapelle et Pierre et Gilles.

Tu exposes donc à la galerie LA LA LANDE dans quelques jours, comment s’est amorcée cette collaboration et que vas-tu présenter? 

Durant cette exposition je vais tenter de faire découvrir une partie de mon univers à travers le travail que je fais depuis dix ans. Il y aura aussi bien du pop art que du post modernisme ainsi que de la photo-fiction mais également quelques hommages.  

Cette collaboration vient d’un désir de partage et de rencontre qui s’est cristallisé jusqu’à la création de ce bel espace où “Photocratie” a pris forme pour vous être présenté.

 

SLOWN
SLOWN, Pour une jupe. 

 

C’est la première fois que tu exposes de manière personnelle à Paris, cette exposition est donc particulière...

Cette exposition est un rêve qui se réalise, j’ai toujours caressé l’envie d’exposer dans la Ville Lumière et pour moi c’est une grande étape qui se concrétise j’espère qu’elle sera le premier chapitre d’une nouvelle aventure.

 

SLOWN
Affiche de l'exposition PHOTOCRATIE.

 

Tu as grandi en Tunisie, quel regard portes-tu sur la scène artistique tunisienne?

Depuis la révolution les énergies se sont libérées et la créativité s’exprime enfin librement.

Je trouve que l’art a une place fondamental dans l’avenir de la Tunisie, je suis heureux de voir que les jeunes artistes se battent pour s’imposer partout et avec force mais le jeu n’est pas encore gagné et une certaine vision de la culture reste hélas prédominante.

Quels sont tes projets?

Il y a un court-métrage que j’ai tourné en Tunisie il y a quelque temps, qui est actuellement en post production et que j’espère finaliser dans les mois qui viennent.

Cet été je tourne un autre court-métrage et ma prochaine exposition est déjà en préparation!

 

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