ALGÉRIE
04/10/2018 12h:15 CET

Pétrole: L'Arabie Saoudite et la Russie ont secrètement décidé d'augmenter la production avant la réunion d'Alger

Les deux producteurs ont décidé de faire baisser les prix et en informé les Etats Unis.

FAYEZ NURELDINE via Getty Images
Le ministre saoudien de l'Energie Khalid Al Falih et son homologue russe Alexander Novak lors d'une réunion à Riyadh en février 2018.

L’Arabie Saoudite et la Russie se sont secrètement entendues pour augmenter leur production en pétrole et calmer les prix et en ont informé les Etats Unis avant la réunion des pays producteurs à Alger en septembre, a rapporté mercredi 3 octobre l’agence Reuters en citant des sources au courant de l’affaire.

La réunion fin septembre des membres de l’Opep-non Opep a décidé de maintenir les limites de production décidées en juin. L’accord a conduit à une nette augmentation du prix du baril de pétrole, le Brent se maintenant au dessus des 85 dollars jeudi 4 octobre à l’ouverture des échanges.

L’accord entre l’Arabie Saoudite et la Russie, deux des plus grands producteurs mondiaux de pétrole qui ont pris part à la réunion d’Alger, stipulait une augmentation de la production à partir de septembre, quand le baril se dirigeait vers les 80 dollars, et jusqu’en décembre.

Le ministre saoudien de l’Energie, Khalid Al Falih, et son homologue russe Alexander Novak sont arrivés à cette entente après une série de rencontres, ajoute la même source. 

Le président américain Donald Trump avait critiqué l’Opep sur les prix ”élevés” du brut et a demandé à ses membres de booster la production.

Selon les sources de l’agence de presse britannique, les Russes et les Saoudiens ont voulu augmenter l’offre sans donner l’air “d’obéir aux ordres de Trump”. 

Les deux pays ont au départ voulu annoncer une hausse de 500 000 baril par jour après la réunion d’Alger, poursuit Reuters, mais ont fait face à la résistance des autres producteurs dont l’Iran qui subit des sanctions américaines. 

La production russe a en effet augmenté de 150 000 bpj en septembre. L’Arabie Saoudite vise une hausse de 200 000 à 300 000 bpj d’ici décembre pour remplacer la baisse de l’offre iranienne. 

L’Iran avait accusé mercredi la Russie et l’Arabie Saoudite de ne pas respecter l’accord de l’Opep en augmentant leur production, ajoutant que les deux producteurs ne pourront pas remplacer la baisse de l’offre iranienne. 

Reuters a rapporté enfin que le secrétaire américain de l’Energie, Rick Perry, a été informé de l’accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite avant la rencontre d’Alger. Il a rencontré son homologue saoudien à trois reprises en septembre et son homologue russe une fois.