ALGÉRIE
08/11/2019 10h:53 CET

Pétition de soutien aux journalistes des radios publiques, ces “médias du peuple”

Ramzi Boudina / Reuters
Journalists working at state media carry banners and cover their mouths during a protest in front of the state TV building to demand freedom to cover mass protests against President Abdelaziz Bouteflika, in Algiers, Algeria March 25, 2019. The banners read: "We are all concerned", "The camera doesn't lie" and "For a public television free and open for all". REUTERS/Ramzi Boudina

Les médias publics sont “sans l’ombre d’un doute les ” médias du peuple”, il s’agit de les lui rendre” lit-on dans une pétition de soutien aux journalistes et professionnels de la radio publique empêchés d’assumer leur mission de service public de l’information.  

Intitulée ′’initiative pour une presse libre libre″, la pétition signée par de nombreux journalistes, universitaires et des membres de la société civile constate que des journalistes de “la radio nationale sont empêchés de faire leur travail dans le respect de l’éthique et du professionnalisme.”.

La récente suspension de l’émission” Actuel” de la chaîne III est vue comme la confirmation d’une volonté des ”autorités d’étouffer dans l’œuf une démarche vertueuse de professionnels en cours depuis plusieurs mois: la défense d’un service public de l’information.” 

Retour contrarié au service public

Le texte observe avec satisfaction que dès journalistes et producteurs des différentes chaînes de la radio nationales ont avec un ”courage remarquable, remis au goût du jour la notion fondamentale du “service public”, question posée par le mouvement des journalistes algériens (MJA) à la fin des années 80 mais qui a pratiquement disparue dans les années 90.”

 

Pour les signataires de la pétition, les professionnels de la radio public se situent sur ”l’enjeu essentiel″ du ”droit des Algériens à une information crédible, sérieuse et équilibrée.”

Au cours des derniers mois et dans un contexte de reprise en main évidente des médias audiovisuels publics et privés, des journalistes de la radio nationale ont agréablement surpris le public en s’efforçant ′’de s’acquitter de leur mission de service public qui signifie, dans le domaine qui est le leur, informer honnêtement et permettre les expressions plurielles et diverses.″ 

Contre la caporalisation des médias, les signataires de la pétition insistent sur le fait que les ″journalistes ont le droit de faire leur travail en étant soumis uniquement aux règles professionnelles qui commandent le métier.″⁣

 Mais, déplorent les signataires ce retour vertueux des ′’journalistes vers le service public est contrarié par la censure et les interdits qui reviennent avec force″. Le texte appelle à soutenir ″ sans hésitation ces professionnels qui se battent pour un service public digne de ce nom. Ils se battent pour nous, ils se battent avec nous.″

 Les médias et les journalistes sont soumis à de fortes pressions. Les médias audiovisuels ont cessé depuis des mois de couvrir les manifestations du hirak, ce qui ne les empêchent pas de faire des plateaux où des “experts” présumés viennent décréter régulièrement que le Hirak est “mort” et de faire des procès en traitrise contre ceux ne sont pas dans la ligne du régime.  Trois journalistes sont en détention provisoire, il s’agit de Sofiane Merrakchi, correspondant de la chaîne libanaise Al Mayadeen, Azeb El cheikh, journaliste à la radio locale d’El Oued et Abdelmondji Khelladi, journaliste et blogueur.