TUNISIE
08/08/2019 20h:47 CET

Perquisition au domicile d'un dirigeant d'Ennahdha: Les précisions du ministère de l'Intérieur

Le dirigeant en question n'est autre qu'Abdelaziz Daghsni, un proche de Rached Ghannouchi, sur lequel planent plusieurs accusations de la part du Comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Facebook/Abdelaziz Daghsni

L’ancien dirigeant de Nidaa Tounes Borhen Bssais a annoncé, jeudi, la perquisition au domicile d’Abdelaziz Daghsni, président du conseil régional de la choura d’Ennahdha, par les forces de l’ordre.

Évoquant “une évolution remarquable des autorités sur le dossier de l’appareil secret” d’Ennahdha, Bssais estime que les raisons et le timing de cette perquisition montre des changements concrets sur la scène politique notamment dans le cadre des prochaines élections.

 

Les faits ont été confirmés par le dirigeant du parti Noureddine Bhiri, qui évoque seulement des “tentatives de perquisition”.

Dans une publication sur sa page Facebook adressée au ministre de l’Intérieur, le dirigeant d’Ennahda a protesté contre les “tentatives de perquisition” qui se sont déroulées mardi et mercredi au domicile d’Abdelaziz Daghsni.

Selon lui, celles-ci ont été faites sans “ordre de la justice” et “sans raison”. Indiquant refuser “légalement et moralement” cette pratique, Nourredine Bhiri évoque une “agression suspecte non justifiée”, demandant au ministre de l’Intérieur des “précisions” dans les plus brefs délais.

 

Face au tollé provoqué sur les réseaux sociaux par cette information, le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi, un communiqué dans lequel il revient sur cette perquisition.

Celui-ci affirme tout d’abord que les forces de l’ordre se sont rendus, le 07 août, “sur ordre du ministère public et durant les horaires administratifs de travail” au domicile de l’épouse d’Abdelaziz Daghsni à l’Ariana afin de convoquer ce dernier à une audition devant le juge dans une affaire pénale. “Son épouse n’a pu l’informer de cette convocation vu qu’ils sont séparés et qu’elle ne sait pas où il habite” indique le ministère de l’Intérieur.

“Le ministère de l’Intérieur tient à préciser que la perquisition qui a eu lieu le même jour dans le gouvernorat de Ben Arous avait trait à la recherche d’un suspect impliqué dans une autre affaire qui n’a rien à voir avec l’affaire dans laquelle le citoyen ‘Abdelaziz Daghsni’ a été convoqué, et qui concerne une tentative de meurtre dans laquelle a été blessé un gardien de l’Hôpital Mahmoud Materi de l’Ariana” précise le ministère sans confirmer s’il s’agissait ou non de la résidence de Daghsni.

 

Accusé par le comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi

Proche de Rached Ghannouchi, Abdelaziz Daghsni a été accusé par le comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi d’être impliqué dans l’assassinat des deux leaders de la gauche tunisienne et de faire partie de l’appareil sécuritaire secret d’Ennahdha.

Le comité de défense avait levé le voile, lors d’une conférence de presse donnée le 2 octobre 2018, sur les circonstances de l’assassinat des deux militants de gauche en pointant du doigt le parti Ennahdha. Il avait mis en exergue l’implication de Mustapha Khedher, un militant d’Ennahdha, chez qui plusieurs documents relatifs à ces affaires auraient été retrouvés.

Plusieurs enregistrements audio non datés -mais vraisemblablement enregistrés sous le gouvernement de la Troïka-, qui auraient été retrouvés en sa possession, ont fuité sur les réseaux sociaux.

Le comité de défense a également affirmé qu’un appareil sécuritaire propre à Ennahdha a été mis en place par celle-ci, chargé d’espionner plusieurs personnalités politiques tunisiennes mais également des ambassades étrangères.

Le 2 mars dernier, celui-ci a encore enfoncé le clou contre Ennahdha.

De nouvelles accusations ont été prononcées à l’encontre du parti et notamment d’Abdelaziz Daghsni et de Mustapha Khedher, dont notamment le vol de documents du ministère de l’Intérieur, le vol d’une machine de destruction de documents, une autre affaire de meurtre à Menzel Bouzalfa en relation avec l’appareil secret, ainsi que la formation d’une bande criminelle qui vise des personnes, des biens et la sécurité intérieure du pays; ce qu’a nié en bloc Ennahdha.

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