TUNISIE
14/12/2018 14h:00 CET

Pénurie de carburants à cause d'une grève des transporteurs, le ministre du Transport promet une réponse rapide

Si les parties concernées n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, l’État sera contraint d’appliquer la loi pour sortir de la crise.

Sol de Zuasnabar Brebbia via Getty Images

Une grève “anarchique” a été décidée jeudi par les transporteurs de carburants, qui revendiquent leur intégration à la fédération syndicale du pétrole et des produits chimiques, relevant de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT).

S’en est alors suivie, comme à chaque fois, un afflux massif sur les stations-service, où les automobilistes se sont rangés en de longues files d’attente, craignant de tomber à court de carburant en ce début de week-end.

Mohamed Sadok Bedioui, président de la Chambre nationale des agents et propriétaires de stations-service, a souligné, dans une déclaration à Mosaique FM, l’illégalité de cette grève, expliquant qu’il n’y a eu aucun avis préalable.

“Les répercussions sur les stations-service sont très négatives vu que le stock n’est pas important, ce qui a entraîné une baisse rapide du niveau des carburants dans plusieurs stations, dont la plupart se sont retrouvées à court de stock” a-t-il déclaré, prévoyant une rupture de stock totale aujourd’hui, alors que la grève continue.

“Ils nous ont pris au dépourvu, notre stock est épuisé depuis hier soir” a déclaré au micro de Mosaique FM un responsable d’une station-service au centre-ville de Tunis, décrivant la panique des automobilistes et les tensions qui s’en était suivie.

“Ils n’auraient pas dû agir de cette façon, ils auraient dû nous prévenir afin qu’on se réapprovisionne” a-t-il ajouté.

Les terminaux de Radès et de La Goulette, qui approvisionnent l’essentiel du Grand Tunis, sont hors service depuis hier, ce qui a poussé le ministre du Transport, Hichem Ben Ahmed, à se rendre sur place tard dans la nuit, afin de discuter avec les transporteurs, selon une déclaration accordée à Mosaique FM.

“La grève concerne des transporteurs privés qui souhaitent changer leur statut et intégrer la convention pétrolière. Nous, en tant qu’État, jouons seulement le rôle de médiateur dans ce conflit, car nous ne pouvons nous permettre une rupture des stocks de carburant, qui toucherait à l’économie du pays” a déclaré le ministre, ajoutant que les discussions se poursuivent dans l’espoir de trouver une solution à cette crise.

“Si les parties concernées n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, l’État sera contraint d’appliquer la loi pour régler le problème” a-t-il ajouté, soulignant l’aspect anarchique de cette grève, qui n’est encadrée par aucun syndicat.

Ce n’est pas la première fois qu’une grève dans le secteur du transport des carburants est annoncée. Ainsi, en Octobre 2017, la fédération générale du transport relevant de l’UGTT avait annoncé l’entrée en grève des transporteurs, à cause du non versement des majorations salariales au profit des travailleurs au titre de 2016 et dont la valeur est estimée à 6,3% (entre 20 et 35 dinars). L’augmentation salariale concerne 13 mille travailleurs environ.

En septembre 2016, l’UGTT avait également annoncé, cette fois-ci, une grève des stations-service, suite à la non signature de l’accord relatif à l’augmentation des salaires au titre de l’année 2015 malgré un accord trouvé lors de précédentes négociations. La responsabilité a été alors portée aux ministères de l’Industrie, du Commerce et des Finances.

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