MAROC
08/02/2019 15h:04 CET

"Pas de locataires blacks, pas d’Arabes, pas de Japs": Deux agents immobiliers condamnés en France pour discrimination

Le verdict est tombé.

Rawpixel via Getty Images
C'est une nouvelle employée qui a dénonçait leurs méthodes.

JUSTICE - Ce 6 février, le tribunal d’Evry (région parisienne) a condamné deux agents immobiliers pour discrimination raciale. Ils refusaient la location de biens immobiliers à “tout ce qui n’est pas blanc”, rapportent les médias français.

Les faits remontent à plus de 13 ans quand, en 2005, une remplaçante découvre les méthodes de travail de Guy A. et de son fils David A. Le premier la prévient. “Je ne veux pas de locataires blacks, pas d’Arabes, pas de Japs. Tout ce qui n’est pas blanc, je n’en veux pas”.

“Ainsi, en octobre 2005, Sylvie Bernhardt et son conjoint, Salissou Issa, d’origine togolaise, tous deux ingénieurs, aux revenus de plus de 5 000 euros par mois et forts de trois garants, se sont vu, au dernier moment, refuser de signer le bail d’un appartement au motif qu’il n’était plus disponible. Des amis du couple évincé, aux noms à consonance française, se portent alors candidats pour le même appartement… redevenu disponible !”, explique Le Monde.

Deux autres hommes aux noms à consonance arabe, un maître de conférences en biologie et un informaticien, ont également essuyé des refus de la part des agents immobiliers pour les mêmes raisons.

Après cette découverte, l’employée filme son patron en caméra cachée, conseillée par SOS Racisme. L’affaire sort dans un reportage diffusé sur France 3.

13 ans après, Guy A., le père, a écopé de quatre mois de prison avec sursis et son fils, David A., de deux mois avec sursis. Ils doivent également payer 17.000 euros de dommages et intérêts aux différentes parties civiles (Maison des Potes, Licra et SOS Racisme).