MAROC
09/09/2018 19h:18 CET

"Pas de laxisme dans l'introduction du dialecte marocain dans les manuels scolaires", affirme El Othmani

"Les deux langues officielles reconnues par la Constitution sont l’arabe et l’amazighe"

FADEL SENNA via Getty Images

ÉDUCATION - Saad-Eddine El Othmani a affirmé ce dimanche 9 septembre que le dialecte marocain ne peut être utilisé dans l’enseignement principalement parce que les langues officielles reconnues par la Constitution sont l’arabe et l’amazighe. Le chef du gouvernement a également évoqué l’article 29 de la loi-cadre régissant cette opération et qui est examinée au Parlement, visant à empêcher l’utilisation du dialecte.

“On ne peut pas admettre des expressions, des phrases ou des paragraphes en dialecte marocain dans les manuels”, a souligné El Othmani dans une déclaration à la MAP au sujet du débat enclenché suite à l’introduction de termes en dialecte marocain dans les programmes d’enseignement, assurant qu’il s’agit “d’une décision irréversible”, dont le gouvernement est conscient. 

Facebook/Page officielle ministere de lEducation Nationale

Saad-Eddine El Othmani a, également déploré le fait que de nombreuses images diffusées à ce sujet et contenant des expressions ou des phrases en dialecte marocain ne concernent pas des manuels scolaires marocains, et sont des manuels anciens ou édités ailleurs qu’au Maroc. À l’instar de l’appel diffusé par le ministère de l’Éducation, le chef du gouvernement appelle les citoyens à s’assurer de la véracité des informations relayées à ce sujet avant leur diffusion. 

Après avoir fait part de la disposition de corriger toutes les erreurs après vérification, El Othmani a fait savoir que la diffusion de ces informations induit en erreur les parents des élèves et l’opinion publique et entraîne un climat de négativisme.

Il n’y a pas lieu de semer la zizanie à travers la diffusion de données fallacieuses”Saad-Eddine El Othmani

“En effet, il existe des termes sujet de débat figurant dans certains manuels”, concède cependant le chef du gouvernement, estimant que le débat sur cette question doit être mené par les spécialistes pour y trouver des solutions.

“Nous n’avons aucun problème à renoncer à ces manuels et demander au ministère de tutelle à renoncer à ces manuels, si les éducateurs, les linguistes et les commissions concernées estiment et après la consultation du Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique”, a-t-il précisé.

Dans ce contexte, le chef du gouvernement a mis en lumière le fait que cette question ne constitue pas une “partie fondamentale” de la réforme et n’englobe pas tous les niveaux et les manuels scolaires, ce qui ne signifie pas non plus une sorte de “laxisme” dans l’introduction du dialecte marocain dans les manuels et les programmes éducatifs, rappelant avoir demandé au ministre de l’éducation nationale d’apporter des éclaircissements à l’opinion publique à ce sujet.

Le chef du gouvernement a rappelé que le pays était en phase de mettre en place une réforme globale du système d’éducation et de formation partant de la vision élaborée par le Conseil dans le cadre d’un plan ambitieux orienté vers l’avenir jusqu’à 2030. Des réformes visant la généralisation et l’amélioration de l’enseignement.