MAROC
21/03/2018 16h:42 CET | Actualisé 21/03/2018 19h:03 CET

France: Des partisans du FN saccagent l’exposition du photographe marocain Yoriyas

L'artiste a retrouvé ses photos complètement détruites.

Tristan/Yoriyas Yassine Alaoui

AGRESSION - Invité en novembre dernier sur les rives du Rhône à Meysse, en France, pour exposer une série de photographies, l’artiste marocain Yassine Alaoui Ismaili, connu sous le nom de Yoriyas, a retrouvé ses photos vandalisées par des partisans du Front National.

En novembre 2017, l’association Présence(s) Photographie s’est associée à la communauté de communes Ardèche Rhône Coiron pour organiser une exposition des photographies du jeune Marocain Yoriyas, photographe à la renommée internationale. Cet événement proposait aux promeneurs des berges du Rhône un regard jeune, joyeux et sensible sur la ville de Casablanca.

Natif de la ville blanche, avec son travail “Casablanca not the movie”, Yoriyas a la force d’apporter un point de vue pertinent sur une culture qui coule dans ses veines. Mais après quelques jours d’exposition, une mauvaise surprise attendait le Marocain.

Des photos retrouvées “complètement détruites et tagguées”

“J’exposais dans trois lieux différents avec des photos de différents formats”, raconte le photographe au HuffPost Maroc. “Après quelques jours d’exposition, une partie de mes photos ont été retrouvées complètement détruites et tagguées…”, déplore-t-il.

Les images qu’il nous a livrées témoignent de l’ampleur des dégâts: présentoirs saccagés, oeuvres criblées de chevrotines et bombées des anagrammes “FN” (en référence au Front National, parti d’extrême droite français, ndlr), comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Un acte de vandalisme scandaleux et injurieux envers l’artiste qui, en 2015, a reçu le 1er prix du World Street Photography à Hambourg et en 2016, celui des nuits photographiques d’Essaouira.

“Casablanca not the movie” est un projet façonné sur le long terme. Entamé en 2014, il a été conçu comme un témoignage. Le travail du jeune Marocain a fait le tour du monde et a été publié par de grands médias internationaux tels que National Geographic, FIFAThe New York Times6MoisStern et The Guardian.

Tristan/Yoriyas Yassine Alaoui
Tristan/Yoriyas Yassine Alaoui
Tristan/Yoriyas Yassine Alaoui

Des actes d’une grande “lâcheté”

Face à de tels actes, photographes, élus, médias ou simples citoyens ont été nombreux à réagir et apporter leur soutien à Yoriyas. Dans un communiqué publié par l’association de photographie, cette dernière “dénonce avec fermeté les actes de vandalisme et de destruction” survenus.

“Ces actes de destruction d’une exposition artistique, publique, libre et gratuite sont d’une grande lâcheté qui blesse tout autant les organisateurs que les artistes et le public” s’insurge-t-elle. Elle déplore l’incompréhension des auteurs de ces dégradations face au message “joyeux et humaniste de cette série de photos gaies et colorées”.

Ainsi, il a été décidé par l’association Présence(s) Photographie, et avec le soutien de la population locale, qu’une deuxième exposition devait avoir lieu. Rebaptisée “l’heure du dialogue”, celle-ci débutera le 26 mars prochain à Meysse et se déroulera jusqu’au 22 avril.

Une nouvelle sélection de photographies issues du projet “Casablanca not the movie” seront à nouveau exposées. Comme il l’avait déjà fait la première fois, l’artiste interviendra dans différentes écoles de la communauté de communes Ardèche Rhône Coiron afin d’expliquer sa démarche de photographe de rue mais également de danseur.