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27/06/2018 18h:13 CET | Actualisé 28/06/2018 23h:10 CET

Panama Prayers

Maaloul a eu LA chance de sa vie: avoir un Msakni à la Messi pour les matches lors des éliminatoires. Une fois perdu Msakni, blessé, le lapin a disparu du chapeau.

FETHI BELAID via Getty Images

 

2022. 2020. 4-2. 2-5. Maaloul ne peut pas rester jusqu’en 2022. Wadii El Jeri ne peut pas rester jusqu’en 2020. Dé-mi-ssio-nez avant de rentrer si vous respectez la patrie.

Parenthèse. En 2007, Msakni bat Hazard en coupe du monde U17, 4-2 Tunisie-Belgique. En 2018, Hazard bat Khazri en coupe du monde, 2-5 Tunisie-Belgique. La théorie du “gap générationnel“ de Maaloul ne tient pas. Et il le sait.

Maaloul 2018? Je vous réponds: Zouaoui 1994. J’y étais, commission Média avec feu si Amor Ghouila paix à son âme. 24 and plus tard, je revis la même honte pour mon pays. Honte d’avoir vu un professionnel improviser au lieu de se préparer. Honte d’avoir vu un sélectionneur s’isoler au lieu de s’entourer. Honte d’avoir vu un populiste proclamer au lieu d’inculquer l’humilité. Cette fois-ci à l’échelle planétaire, pire que l’échelle africaine en 1994 chez nous. 24 ans plus tard, Maaloul, Zouaoui, El Jeri, même combat: l’indécence. Une indécence avant le mondial. Une indécence pendant le mondial. Une indécence après le mondial parce qu’ils s’accrocheront à leurs postes comme des .. aigles. Une indécence dans l’art de manier le verbe au gré des circonstances au delà de la limite de l’insulte. Tout au long des deux matchs, Angleterre et Belgique, en scrutant le non verbal de Maaloul et en écoutant son verbal surtout en conférences de presse officielles Fifa, car Maaloul tient un double discours avec la presse étrangère, qu’avec la presse tunisienne, il m’a semblé voir et entendre franchement un entraineur de salon. Oui de salon. Sans envergure. Commentateur au lieu d’être entraîneur. Comme s’il était dans le salon de Hichem El Khalsi chez Bein Sport. À aucun moment en Russie, Maaloul ne me donna l’impression d’être un leader. Flagrant, soudain, et navrant était le passif de son charisme. Disparu. Évaporé.

Ses larmes étaient ceux du désespoir, le sien, sur une confiance qui l’a délaissée. Ce n’était pas l’émotion de l’hymne national. Confiance en lui qu’il l’avait probablement perdu à l’approche de la compétition et que le groupe s’en est ressenti. D’ailleurs même “s’il est fort” (pas si fort mais on aime les étiquettes dans les médias) en communication, il baratine et embobine en donnant l’impression de l’expert. Entre nous, il est juste un bon entraineur sans plus. Mais au niveau retour de veste et baratin, c’est le meilleur.

Premièrement, et ayons pour une fois la mémoire longue, Maaloul n’aurait jamais dû être rappelé à la tête de l’Equipe Nationale, Cap-Vert oblige.

Deuxièmement, Youssef Zouaoui, qui a été démis après le match contre le Mali (0-2) et remplacé par Faouzi Benzarti, lors de la CAN 94 en Tunisie, est encore là 24 ans plus tard en Russie avec l’EN au poste de directeur technique des sélections nationales tunisiennes. Que fait-il là? Ha-llu-ci-nant.

 
 

Troisièmement, El Jeri avec Maaloul n’auraient jamais dû polariser leurs responsabilités autour de la politique et de la religion avant le Mondial et pendant ce Mondial avec cette fameuse fatiha d’avant match Angleterre. Un commentaire cynique sur Youtube m’interpella: “Tunisie + Rabi + Nibi 2 - Belgique 5”. Tout y est. Les laïques et musulmans, nous tous, majorité silencieuse, pudique face à la pratique de sa foi, sommes devenus les ”traîtres”.Je dis nous, car certains grands journalistes du sport et je nomme un seul, vaillant, lucide et patriote: Sami Akrimi, a dit, a écrit, a répété tout haut ce que la majorité ressentait tout bas quant aux choix du sélectionneur et de son patron dans leur façon d’avoir géré l’EN comme une propriété privée confondant service public et se servir du public. Akrimi, c’est nous tous.

Maaloul et sa bigoterie religieuse, politique, footballistique imposée aux joueurs, à ceux qu’il a exclu parce qu’ils n’ont pas suivi même s’ils étaient compétents, au staff et aux autres membres de l’EN est devenue vérité.

Footballistiquement, je l’avais pressenti il y a quelque mois lorsque je l’ai entendu déclarer son soutien à Mathlouthi pour le retirer à Abdennour. Rebelote, je l’ai vécu comme vous tous lorsqu’il confirma l’autre Maaloul, affligeant techniquement car en méforme physique, lors des deux matches cruciaux.

Abdennour pour Benalouane? Really? Le bagage du premier aurait servi autant dans le groupe que sur le terrain. Au lieu de cela, il l’a exclu et traité comme un moins que rien. Lui et tant d’autres. Pour nous la raconter sur un tel et un autre et une sentinelle et un “neuf et demi”, et ”blablabla” et blablablabla, blablablabla.

J’ai pris un seul exemple mais il y en a tant. Choisissez.

On est donc arrivés en Russie sans ossature de jeu, sans condition physique - ce qui est gravissime pour des joueurs qui ont maximum 30 matchs dans les jambes contre les 50 de Kane & co- et sans courage mental. Ce fameux mental. Le nouvel axe de communication de Maaloul après les défaites de l’Angleterre et de la Belgique pour ne jamais assumer son incompétence.

Il aurait dû se démettre après la raclée des belges. Car il y a défaite et défaite. Il parle -“je suis le seul responsable”-, mais il n’agit pas. Lorsque je l’ai entendu catégoriser les joueurs de forts, de moyens et de faibles personnalités footballistiques, je me suis dis que si je faisais partie de ce groupe, je lui demanderais de se démettre indigne de notre confiance comme joueurs.

Maaloul s’est servi de ses joueurs avant le mondial avec ce mercato déguisé du fameux stage au Qatar. Maaloul s’est servi de ses joueurs pendant le mondial en les traitant, devant la presse internationale, d’incapables. Maaloul a désarçonné le mental de ses joueurs qui devraient lui réclamer dommages et intérêts devant la justice car il les a mal préparés et les a jetés en pâture devant des adversaires, incrédules obligés de “s’amuser” sur le terrain, et devant la presse ébahie par son retour de veste contre ses propres joueurs. Joueurs qui en 2007 ont battu la Belgique se retrouvent en 2018 écrasés par elle. Il ment effrontément lorsqu’il parle de gap et de “deux générations” et joue sur la mémoire défaillante du peuple. On avait et on a une génération qu’on a dilapidé. 

In-ca-pa-ble. Maaloul. L’après pseudo-match contre la Libye était riche d’enseignements, que lui et El Jeri ont vite fait d’occulter. Le voir nous prendre pour des imbéciles et traiter les médias de racoleurs est le summum de l’indécence. De quel mental parle-t-il? De ses illustres prédécesseurs Chettali ou Ben Othman? A-t-on vu un El Ouaer entrainer les gardiens? A-t-on eu la visite d’un Badra, Jaziri, Bouazizi, Tarak, Kaabi, Dhouib, Herguel, Sellimi, Baya ou tant de gloires pour motiver ces joueurs ou les impliquer dans ce projet Russie 2018?

Khaled Hosni, aux mains tremblantes de Tarak Dhieb avant le match de l’Algérie, lui a mis ses protèges tibias. Les gars de 78 se respectaient, s’aimaient, s’entraidaient. De quel mental parle-t-il ce baratineur lorsque la solidarité n’était même pas au rendez-vous? Et ne me parlez pas du bus devant le gardien de la deuxième mi-temps contre l’Angleterre, c’était une solidarité de circonstance. Ce groupe contrairement à d’autres de l’histoire de l’équipe nationale ne l’est pas. Aucune solidarité.

Pourquoi? parce que Maaloul est un in-ca-pa-ble. Maaloul a eu LA chance de sa vie: avoir un Msakni à la Messi pour les matches lors des éliminatoires. Une fois perdu Msakni, blessé, le lapin a disparu du chapeau. Vous vous rappelez du travail mental d’Aimé Jacquet en 1998 avec les bleus? Où Maaloul a-t-il fait son travail sur le mental de cette sélection, qu’il a fait sienne et politicienne. Et là, il nous la raconte, sûr de lui, “Oui je suis responsable, j’assume la responsabilité, blablabla”. Comment concrètement? Parce que c’est devenu une phrase clichée de circonstance balancée pour faire taire la plèbe alors que de l’autre côté il déclare avec aplomb à la presse: “je rentrerais à Tunis et saurais qui a écrit quoi“; sibyllin et menaçant contre les mêmes journalistes. À l’incompétence, le dédain et le mépris. Voici votre Maaloul. Parce que populisme n’est pas patriotisme.

Je n’attendrais pas le match du Panama. Je rentre.

No need for your prayers coach!

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Correspondance Spéciale - Moscou

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