ALGÉRIE
13/05/2019 15h:13 CET | Actualisé 13/05/2019 15h:14 CET

Palestine : l"accord du siècle" comporterait l’annexion par Israël de ses colonies en Cisjordanie (presse)

Avant d’être une proposition américaine, leur annexion est un engagement de Benyamin Netanyahou envers ses électeurs. Lors de sa campagne électorale, le Premier ministre israélien a déclaré avoir prévenu Donald Trump qu’aucun plan de paix de ne saurait l’évacuation "ne serait-ce que d'une seule colonie".

Barcroft Media via Getty Images

Elaboré par l’administration de Donald Trump mais non encore officiellement rendu public, le projet d’’accord de paix israélo-palestinien appelé “l’accord du siècle” comprend l’annexion à l’Etat d’Israël des colonies juives de Cisjordanie. C’est ce que rapporte aujourd’hui le journal d’information électronique sud-africain News 24 citant un “télédiffuseur israélien”.

Selon ce journal, la chaîne de télévision israélienne Channel 12 a indiqué hier que ce projet envisageait l’application du droit civil israélien à ces colonies.

Les fuites dans la presse israélienne concernant “l’accord du siècle” confirment ainsi ce que l’on pressentait déjà, à savoir qu’il serait favorable aux Israéliens et légaliserait le fait accompli de l’occupation de larges territoires palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Une promesse électorale de Netanyahou

Avant d’être une proposition américaine, le rattachement juridique de ces colonies à Israël est un engagement de Benyamin Netanyahou envers ses électeurs de droite et d’extrême droite. Lors de sa campagne électorale, le Premier ministre israélien a notamment promis que s’il était réélu, il annexerait les colonies israéliennes en Cisjordanie sans distinction entre les grandes colonies et les petites colonies isolées. Le 6 avril 2019, dans un entretien avec une chaîne de télévision israélienne, il a même affirmé avoir prévenu le président américain qu’aucun plan de paix ne saurait impliquer l’évacuation “ne serait-ce que d’une seule” colonie.

Le 7 avril 2019, commentant ces déclarations, le ministre des Affaires étrangères palestinien Riadh Al Maliki a estimé que Benyamin Netanyahou sera confronté à “un véritable problème” s’il tient cette promesse. Les Palestiniens de Cisjordanie “resteront”, a-t-il assuré.

Cette position reflète l’attitude du président de l’Autorité Mahmoud Abbas qui a déclaré qu’il ne signerait aucun accord ne prévoyant pas la fin de l’occupation israélienne et la création d’un État palestinien souverain.

Près d’un million de colons

Les implantations israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont considérées comme illégales par la loi internationale. Leurs habitants ne s’en comptent pas moins aujourd’hui, soixante ans après la Guerre de 1967, en centaines de milliers.

En mai 2014, le ministre israélien de l’Habitat Uri Ariel avait prédit que le nombre de colons israéliens en Cisjordanie atteindrait, 550.000 ou 600.000 personnes en 2019. Il faudrait leur ajouter ceux de Jérusalm-Est évalués à 300,000 à 350,000 en 2014 et dont le nombre a dû croitre en 5 ans.

Selon le Centre Israélien d’information sur les droits humains dans les territoires occupés, en 2017, le taux de croissance de la population des colons, à l’exclusion de ceux de Jérusalem-Est, était de 1.75 fois plus élevé que le taux de croissance moyen de la population de l’Etat d’Israël.