28/12/2018 18h:15 CET | Actualisé 28/12/2018 18h:15 CET

Ouvrières saisonnières de Huelva: Le recrutement désormais ouvert aux femmes célibataires

"Sur place, un suivi doit être assuré".

ABDELHAK SENNA VIA GETTY IMAGES

EMPLOI - Une nouvelle opération. Les bureaux de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) viennent de publier, à travers les régions, l’annonce de recrutement d’ouvrières agricoles saisonnières à Huelva, dans le cadre de la coopération Maroc-Espagne. Adressée uniquement aux femmes, l’annonce invite les candidates à s’inscrire tout au long de la première semaine du mois de janvier. Les candidates doivent avoir entre 25 et 45 ans, être en bonne santé, avoir une expérience dans le domaine agricole et habiter dans le milieu rural. 

Leur travail consistera à récolter les fruits rouges dans les champs de Huelva. En échange, elles devront percevoir un salaire net de 37euros (400 dirhams) par jour à raison d’une durée de travail de 6 heures, incluant une pause de 30 minutes. Sur la liste des conditions de travail, ces ouvrières ont droit à un jour de repos par semaine, à un logement et un transport (entre le lieu de travail et de résidence) assurés tous les deux par l’employeur. 

Pour se porter candidate, il faudra présenter une copie de la carte nationale, de l’état civil (pour celle ayant des enfants mineurs) et de l’acte de mariage si elle est mariée. “C’est une nouveauté. Le directeur général de l’ANAPEC nous a confirmé que le recrutement à cette opération partout au Maroc n’est plus limité aux femmes mariés. Les femmes célibataires auront désormais droit également de se porter candidates”, déclare au HuffPost Maroc la présidente de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF), Latifa Bouchoua, coordinatrice également d’un collectif de quatre associations qui compte aussi l’Union de l’action féminine (UAF), l’association Jossour et l’Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

C’est l’une de leurs revendications qui est, à présent, appliquée. Quant aux conditions de travail, la coordinatrice insiste sur l’importance de bien les clarifier sur le contrat employeur/employé(e). “C’est l’unique moyen pour ces ouvrières de garantir effectivement leurs droits. Et il faut absolument prévoir la traduction en langue arabe du contrat de travail et l’octroi d’une copie à l’employée”, souligne la coordinatrice du collectif. Et d’ajouter que, sur place, un suivi doit être assuré. “C’est capital, parce que c’est le suivi qui garantit l’application effective des conditions de travail exigée. Et cela doit se faire par la voie de médiatrices et d’assistantes auprès des employées”, propose-t-elle au nom du collectif. 

Du concret, ces associations en font leur première préoccupation. Elles ont mis l’accent sur ce point lors de la réunion qu’elles ont eu le 3 décembre avec le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, Mohamed Yatim. Elles avaient convenu avec le ministre d’instaurer un mécanisme de partenariat pour intégrer la société civile aux volets sensibilisation, information et suivi dans le cadre du travail des ouvrières saisonnières à Huelva. 

Mais ce mécanisme prendra le temps de se frayer un chemin. Pour le moment, les associations rappellent que le Maroc et l’Espagne se sont mis d’accord sur l’amélioration des conditions de vie des saisonnières à Huelva. Des mesures ont été prises lors des réunions qui se sont tenues les 20 et 21 novembre. Il est question d’assurer à ces femmes un logement conforme aux normes et une protection assurée par les inspecteurs du travail en cas de violations. 

L’engagement bilatérale porte aussi sur le fait de dispenser ces femmes de payer un loyer pour leur logement, mais elles continueront tout de même de s’acquitter des autres charges liées à la consommation “en eau, électricité et gaz à hauteur maximum de 1,9 euro par jour à l’instar de l’ensemble des ouvrières de différentes nationalités conformément à la convention collective”. 

Les deux parties devront, par ailleurs, apporter “un aspect culturel, humain et éducatif” à cette opération. Des activités parallèles seront donc organisées pour intégrer ces femmes dans la vie locale, et briser surtout la solitude dans laquelle elles se retrouvent pendant cette période.