MAROC
23/01/2019 12h:17 CET

Ouvrières marocaines à Huelva: 7.500 nouvelles recrues et des conditions améliorées en 2019

19.000 ouvrières seront embauchées cette année, dont 7.500 pour la première fois.

ABDELHAK SENNA VIA GETTY IMAGES
Les premières ouvrières journalières arriveront dès le 1er février.

EMPLOI - Bonne nouvelle pour les ouvrières saisonnières de Huelva, en Espagne. Le secteur offre cette année 19.000 postes aux Marocaines, dont 7.500 pour des nouvelles recrues, révèle le média espagnol Huelva Información. Suite aux polémiques sur les mauvaises conditions de travail et les accusations de harcèlement sexuel, des mesures ont par ailleurs été prises pour améliorer leur quotidien.

Parmi les 11.500 ouvrières ayant déjà participé à cette opération de cueillette de fruits, celles ayant plusieurs années d’expérience arriveront le 1er février et seront rejointes, le 1er mars, par celles embauchées l’année dernière. Les nouvelles recrues les rejoindront le 21 mars, précise la même source.

Le recrutement avait été ouvert à la fin du mois de décembre. Les candidates devaient avoir entre 25 et 45 ans, être en bonne santé, avoir une expérience dans le domaine agricole et habiter dans le milieu rural. Pour la première fois, les femmes célibataires pouvaient également candidater.

Les organisations agricoles et producteurs de ce secteur qui demande beaucoup de main-d’oeuvre sont directement venus au Maroc pour procéder aux nouvelles embauches entre le 16 et le 18 janvier. Ils se sont concentrés sur les villes de Meknès, Marrakech, Kénitra et Oujda, avec un quota d’embauche pré-déterminé.

“Les organisations agricoles ont attribué à Freshuelva 4.000 ouvrières temporaires, 2.000 à Asaja et UPA et 1.500 aux autres” (Fresón de Palos et les producteurs d’agrumes), rapporte le journal espagnol. “Chacun est rentré à Huelva avec le quota attribué, bien que l’offre de main-d’œuvre marocaine ait été légèrement supérieure à celle fixée”, précise Huelva Información.

Des nouvelles conditions de travail

Les ouvrières marocaines toucheront un salaire net de 37 euros (400 dirhams) par jour pour six heures de travail quotidien, incluant une pause de 30 minutes. Elles auront droit à un jour de repos par semaine, une couverture médicale, et logement et transport seront pris en charge par l’employeur. En échange, elles devront seulement s’acquitter des charges d’eau, de gaz et d’électricité, d’une valeur maximum de 1,90 euro.

Leur contrat prendra fin le 31 juillet, “date à laquelle elles doivent rentrer dans leur pays sous la forme d’un accord bilatéral stable. Les entreprises agricoles complèteront la main-d’œuvre avec des travailleurs nationaux, résidents de la région et d’ailleurs”, indique le quotidien espagnol.

Cet accord bilatéral inclut désormais de meilleures conditions de travail pour ces ouvrières marocaines. Le Maroc et l’Espagne se sont en effet engagés, en novembre dernier, sur différents points, portés par les négociations de quatre associations marocaines (Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes, l’Union de l’action féminine, Jossour et l’Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes). Parmi les nouveautés, des “activités culturelles” pour les sortir de l’isolement et de la solitude et un suivi du respect de leurs conditions de travail.

“Pour la première fois, un consultant en intégration aura pour tâche de servir les ouvrières saisonnières afin qu’elles disposent d’informations sur tous les services sociaux et de santé dispensés dans les municipalités situées à proximité des champs de fraises”, ajoute Huelva Información. Une équipe de 14 personnes, ”pour la plupart d’origine marocaine” et “vivant à Huelva depuis un certain temps” ont été formées.