MAROC
20/05/2019 18h:10 CET

Ouverture d'une enquête suite au massacre de chats à Safi

L'association "Comme chiens et chats Maroc" a déposé une plainte officiellement ce lundi auprès du parquet.

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CAUSE ANIMALE - Un crime abominable a choqué Safi, il y a quelques jours. Des chats ont été brûlés vifs en plein centre ville par un homme qui se serait ainsi vengé d’une femme qui leur apportait de la nourriture. “Nous avons décidé de saisir la justice parce qu’il faut agir contre ce genre de crime”, déclare au HuffPost Maroc la présidente de l’association “Comme chiens et chats Maroc”, Hind Moustaghfir.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le dossier a été confié à un avocat bien connu pour son militantisme auprès des associations, Youssef Rharib, qui a entamé, ce lundi, la procédure judiciaire au nom de l’ONG précitée. “J’ai déposé, ce matin, une plainte officielle (enregistrée sous le n°2029-3101/2019) auprès du procureur du roi près le tribunal de première instance de Safi. Nous en avons discuté pendant près d’une heure”, précise l’avocat au HuffPost Maroc.

Il n’était pas question seulement de présenter des faits, mais surtout de plaider pour une jurisprudence qui permettrait de combattre sérieusement la violence à l’égard des animaux. C’est le but que souhaite atteindre Me Rharib soulignant que cette affaire figure parmi l’une des premières au Maroc à défendre les droits des animaux. “Le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête sur la base de la plainte. Il est important, pour nous, que le ministère public prenne l’habitude de considérer la torture des animaux comme un crime”, soutient-il.

La loi existe mais elle n’est pas dissuasive. Aux yeux de l’avocat, “le texte législatif est dépassé et les sanctions tellement légères. Ce n’est pas suffisant pour circonscrire ce fléau”. Ce qui impose, pour Me Rharib, la nécessité de faire appel à la Déclaration universelle des droits de l’animal mais aussi à toute donnée lui permettant de faire de cette affaire celle de la cause animale dans son sens universel.

Une volonté qui correspond à celle de l’association, bien déterminée à appeler au durcissement de la loi à l’encontre de responsables de crimes pareils. “Nous avons un vide juridique, les articles 601 et 602 du code pénal sont tombés en désuétude. Si la société civile, les bénévoles et les citoyens n’agissent pas, la maltraitance des animaux flagrante au Maroc continuera de ternir son image dans le monde”, estime Hind Moustaghfir. Contre “l’inexistence d’une justice pour les animaux au Maroc”, la présidente de l’association a décidé que ce drame doit être porté au tribunal. “Il faut une loi plus protectrice pour agir sur l’état actuel”, affirme-t-elle.

La gorge nouée, Hind Moustaghfir se remémore les faits et les images d’horreur de ces chats immolés. “Les faits ont eu lieu le 14 mai au soir. Vous ne pouvez pas imaginer la scène. C’est sadique!”, s’exclame la présidente de l’association qui opère dans tout le Maroc dans le cadre du sauvetage et de la protection d’animaux. “Sur les lieux, on a recueilli des témoignages et nous pensons que le nombre de chats tués était d’au moins une vingtaine. Le responsable n’est pourtant pas un déséquilibré mental. Il harcelait la jeune femme qui nourrissait les chats et la menaçait”, nous confie-t-elle. 

Ce procès représentera, pour cette association, un véritable tournant. “Nous demanderons des dommages et intérêts pour la cause animale, ne serait-ce qu’un dirham symbolique, mais il faut le faire!”