TUNISIE
24/05/2018 21h:08 CET | Actualisé 24/05/2018 21h:09 CET

Oublions les voitures et circulons à vélo! Ce Tunisien se bat pour changer les habitudes

Les voitures sont-elles aussi indispensables?

Facebook/ Cafe-velo Mio Mondo

À Paris, à Tokyo, à Berlin...circuler à vélo est encouragé par les autorités. Les avantages de cette pratique est notable: réduire la pollution de l’air émanant des voitures, diminuer les embouteillages, etc.

En Tunisie, une initiative tend à intégrer la circulation à vélo dans les habitudes des Tunisiens. Il s’agit du Café-vélo Mio Mondo. Ce n’est pas un café comme les autres puisqu’il propose un autre service, en l’occurrence louer un vélo à l’heure pour faire ses courses.

“Le service englobe le vélo, le casque, le cadenas pour assurer la sécurité du conducteur, et c’est pour un prix symbolique”, précise Chakib Ghanmi, l’initiateur de ce projet.

Et ça marche plutôt bien: “On a lancé l’initiative début avril. Depuis la demande est tellement croissante qu’on fait désormais des réservations. Environ 80% des clients sont ponctuels et rendent le vélo à l’heure fixée”, se félicite-t-il.

Outre la location, Café-vélo Mio Mondo organise des évènements culturels autour de la thématique du vélo comme la projection de films, etc.

Les sorties à vélo sont aussi régulièrement organisées pour faire l’apprentissage de la conduite ou pour intégrer le cercle des habitués qui font de longues distances dans une même ville ou entre les villes, explique Chakib Ghanmi.

 

L’origine de cette initiative est un sentiment de ras-le-bol face aux embouteillages à Tunis: “J’ai acheté une voiture deux fois et je l’ai vendue après tellement c’est stressant de circuler avec”, confie-t-il. ”Ça me sidère de voir que dans certaines familles, il y a quatre voitures”, déplore-t-il.

Face aux aléas des transports publics en Tunisie, Chakib Ghanmi considère que le vélo est la meilleure option. “Les gens arrivent à leur travail stressés et fatigués, le vélo est non seulement une alternative contre l’embouteillage, mais c’est une occasion pour faire du sport, et nous en avons tellement besoin pour décompresser et lutter contre l’obésité”, plaide-t-il.

Encore faut-il pouvoir circuler à Tunis en vélo? Chakib Ghanmi admet que ce n’est pas toujours évident, mais il se dit “en guerre”, et il la mène sur tous les fronts. D’abord, face aux conducteurs de voitures qui ne tolèrent pas la présence des vélos: “Ils bousculent les cyclistes, les intimident en s’approchant d’eux, leurs crient dessus pour les éloigner, mais il ne faut pas se laisser faire, il faut tenir bon”, conseille-t-il.

L’autre guerre est avec les autorités: “Rien n’est fait pour encourager la circulation à vélo: pas de circuits, pas de moyens, en plus ils freinent ceux qui essayent de changer les choses. Au départ j’ai contacté la mairie de Tunis pour qu’elle fasse un circuit pour les vélo, ils m’ont répondu que ‘ce n’est pas dans nos moeurs’ ”, déplore-t-il.

Des vélib’ à Tunis, ce n’est probablement pas pour demain mais Café-vélo Mio Mondo est déterminé à y parvenir un jour.

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