TUNISIE
12/12/2018 13h:50 CET

Où en est la Tunisie en matière de terrorisme? Le Global Terrorism Index y répond

Selon le rapport, la Tunisie, comme l’Allemagne et la Grande Bretagne, appliquent le retrait de la citoyenneté et du passeport aux combattants revenus des zones de tension.

zabelin via Getty Images

La 6ème édition du Global Terrorism Index (GTI) dresse un portrait de l’ampleur du terrorisme dans 163 pays et son impact. Établi par l’Institute of Economics and Peace, il résume la situation mondiale en matière de terrorisme, et ce depuis l’année 2000.

La Tunisie, qui fait partie des cinq pays ayant le plus grand nombre de combattants à l’étranger, arrive en 47e place sur les 163 pays, reculant ainsi de 6 positions par rapport à l’année dernière.

Global Terrorism Index

L’Irak, l’Afghanistan, le Nigéria, la Syrie et le Pakistan sont les pays où le terrorisme sévit le plus, tandis que la Roumanie, le Singapour, la Gambie, la Slovénie et le Turkménistan représentent les pays les moins risqués en termes de terrorisme.

Quant au pays ayant assisté aux pires attaques terroristes en 2017, la Tunisie n’y figure pas. Ainsi, on y retrouve la Somalie, l’Egypte, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Afghanistan, le Nigéria, le Pakistan, les Etats-unis, le Niger, le Yémen, la République Démocratique du Congo, le Soudan, le Myanmar, et la Turquie.

Selon le rapport GTI, les frontières communes entre l’Afrique du Nord et le Sahel, qui se réfèrent à la région située juste en dessous du Sahara, constituent un point chaud émergent du terrorisme.

Retour des combattants et stratégies adoptées

S’agissant des politiques adoptées par chaque pays au sujet du retour des combattants des zones de tension, la Tunisie se range aux côtés de la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, et les Pays-bas, et choisit une approche pénale; poursuites judiciaires et emprisonnement.

L’Egypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Maroc, et l’Arabie Saoudite ont quant à eux préféré la mise en place de programmes de dé-radicalisation. Certains entreprennent également la réhabilitation, comme l’Indonésie et l’Arabie Saoudite.

Le Yémen a pour sa part choisi la réhabilitation comme seule stratégie.

Toujours selon le GTI, la Tunisie, comme l’Allemagne et la Grande Bretagne, ont dans leur arsenal juridique la possibilité de déchoir un citoyen de sa nationalité. 

Global Terrorism Index
Les stratégies adoptées par chaque pays

 

En Tunisie, 90% des terroristes revenus des zones de conflit sont incarcérés. La tranche d’âge des ces terroristes est comprise entre 25 et 29 ans.

Selon une étude menée en mai 2018 par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), les trois-quarts des terroristes de retour des foyers de tension et écroués dans les prisons tunisiennes sont célibataires, et 90% d’entre eux ont un niveau d’enseignement moyen.

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Le nombre de personnes jugées pour terrorisme avait alors atteint 1500 détenus.

Concernant les zones de conflits, selon les dernières statistiques, il y aurait 2929 combattants tunisiens.

Il y a quelques années, l’ONU avait établi le nombre de 5500 ressortissants tunisiens ayant rejoint les rangs d’organisations djihadistes.

Principales conclusions du GTI

Selon le rapport, 2018 a été la 3ème année consécutive où le nombre de décès dus au terrorisme a diminué. Il a ainsi reculé de 44% par rapport à 2014, l’année la plus sanglante selon le GTI. Les baisses les plus importantes de ce nombre ont été observées en Irak, au Nigeria et au Pakistan.

Au cours des trois dernières années, la létalité des attaques terroristes a diminué avec l’affaiblissement des groupes terroristes tels que l’État Islamique. Ainsi, 20% des attaques terroristes ont échoué en 2017, contre un peu plus de 12% en 2014. Cette diminution est également due à l’augmentation des budgets consacrés à la lutte antiterroriste.

Les attentats à la bombe et les attaques à main armée demeurent les formes d’attaques terroristes les plus répandues depuis 20 ans.

Le terrorisme d’extrême droite devient également de plus en plus préoccupant. En effet, le nombre de décès qui lui sont liés est passé de 3 en 2014 à 17 en 2017.

Points chauds émergents

Alors que Daesh a perdu la plus grande partie de son territoire et de ses sources de revenus en Syrie et en Irak, des groupes qui lui sont affiliés dans d’autres régions deviennent cependant plus actifs.

Ainsi, selon le Global Terrorism Index, en Afrique du Nord et au Sahel, ces deux dernières années ont été marquées par une recrudescence des activités terroristes, notamment d’Al-Qaida. En mars 2018, plus de 9 000 membres de groupes terroristes étaient actifs dans la région, principalement en Libye et en Algérie.

Au Nigéria aussi, une augmentation significative de la violence contre les Fellata a été enregistrée, alors même que le groupe Boko Haram y sévit de moins en moins.

En Asie du Sud-Est, les Philippines et le Myanmar ont observé le plus grand nombre de décès dus au terrorisme en 2017 depuis 2002.

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