MAROC
25/06/2019 18h:04 CET

Orelsan: "Je suis l’adolescent paumé qui a grandi"

Le HuffPost Maroc est allé à la rencontre du rappeur français, avant son concert à Mawazine.

Sife El Amine

MAWAZINE - Lundi soir, le rappeur français Orelsan s’est produit sur la scène OLM - Souissi du festival Mawazine, à Rabat. Un concert où les fans se sont donné rendez-vous dès 21h30, pour écouter le rappeur interpréter des morceaux de son dernier album, “La Fête est Finie”, mais aussi quelques-uns de ces anciens tubes. Avant le concert, le HuffPost Maroc est allé à la rencontre de l’artiste. L’occasion de revenir avec lui sur son parcours, son univers et ses projets. 

HuffPost Maroc: C’est votre première scène au Maroc?

Orelsan: La deuxième! La première fois, c’était tellement rapide que je ne peux pas considérer ça comme une grande expérience: je suis resté un jour et on faisait un showcase dans un hôtel, on n’a pas vu grand chose. Si on me demande si je connais le Maroc, je ne pourrais pas dire oui. Du coup, je suis très content d’être là!

Partager la scène avec Future, qu’est-ce que cela vous fait?

C’est ouf, je suis trop content! (rires). J’aime bien ce qu’il fait, il a des morceaux de fou furieux, ça me fait plaisir de partager la scène avec lui. Quand on se produit aux côtés de gros artistes internationaux comme ça, c’est toujours valorisant. Puis c’est cool, je pourrais aller voir son concert après le mien!

Que diriez-vous aux rappeurs marocains qui voudraient se lancer aujourd’hui?

Y’a un truc à faire! C’est intéressant, même nous en tant qu’artistes occidentaux on a envie d’écouter du rap marocain. Faites vos trucs, montez vos clips, faites décoller l’industrie, vos médias… on est pressés de vous entendre! Nous en France, on a une grosse industrie musicale, mais je m’intéresse quand-même à la musique d’ici. Y’a un rappeur que j’aime bien, qui s’appelle MADD, et ça me fait me dire que la scène marocaine a du potentiel.

En novembre dernier, vous avez sorti votre 4e album, intitulé “La fête est finie (Épilogue)”. Comment a évolué l’adolescent paumé que vous étiez dans votre premier disque?

Je suis l’adolescent paumé qui a grandi. Je suis toujours paumé, mais ailleurs. C’est toujours difficile de se définir, surtout que je me définis souvent par rapport à mes albums. Là je suis dans la période “La fête est finie”, qui parle de faire des choix, de se ranger, de laisser de côté sa vie de jeune adulte, où tu cherches jusqu’à la trentaine. Par rapport à l’ado que j’étais, on va dire que je me connais mieux, je suis plus à l’aise dans mes baskets.

Toujours sur votre dernier album, figure le titre “Paradis”, entièrement dédié à votre copine. Qu’est-ce que cette relation a changé pour vous?

Humainement, elle me complète. Être en couple, c’est quelque chose qui m’apaise aussi. Et au-delà de ça, tu te projettes toujours plus loin quand tu es avec quelqu’un que tu aimes. 

Dans “La fête est finie”, vous avez écrit un morceau, “Notes pour trop tard”, dans lequel vous vous adressez au Orelsan de vos débuts. Si vous deviez écrire à présent des “Notes pour plus tard”, qu’auriez-vous envie de dire?

Je sais pas trop ! Ça serait plus des “Notes de Maintenant” (rires), mais tu sais quoi, c’est peut-être un bon thème pour mon prochain album! Faut que je me penche dessus!

Sife El Amine

On vous a vu en tant qu’acteur dans la série “Bloqués”, et vous avez été réalisateur pour le film “Comment c’est loin”. Avez-vous d’autres projets dans le cinéma?

Pour l’instant, non. Plus tard, j’aimerais bien y revenir, mais dans l’immédiat je n’ai pas d’idée et je préfère me consacrer à la musique. Ce sont des projets qui demandent beaucoup de temps. Là je suis en tournée, je kiffe, j’ai envie de continuer là-dessus. Je vois plus le cinéma pour après.

Qu’est-ce que cela vous a apporté?

Créer, c’est quelque chose que je fais assez naturellement. Je prends beaucoup de notes, j’ai plein d’idées de films, de séries, et ça me fait marrer. J’ai les idées, je me dis que ça pourrait être un bon concept, et je creuse, quoi! Ça me fait kiffer autant que la musique. 

Que pensez-vous du rap français à l’heure actuelle?

C’est une super période. Y’a des mecs que j’écoutais y’a longtemps et qui continuent de sortir des morceaux, comme Kery James, Booba, IAM, donc je peux continuer à les écouter, en même temps y’a tous les mecs d’il y a 5-6 ans qui continuent de tout défoncer (Nekfeu, Damso, Vald, Niska…), et des nouveaux que je kiffe. J’écoute à fond Ninho, 13Block ou Koba LaD, par exemple.

Et ils vous influencent dans votre art?

Bien sûr! Entre potes on s’envoie les nouveaux morceaux qui sortent, on s’écrit les punchlines qui nous ont fait marrer… Là Nekfeu a sorti un nouvel album, je l’écoute et je me dis que tel ou tel élément va sûrement me donner des idées pour un prochain album par exemple. Tout m’influence à vrai dire. Même si un artiste sort un projet que je n’aime pas, je vais me dire que c’est un concept que je n’ai pas pour ma part envie de fouiller dans mon univers, et ça m’influence aussi dans un sens… Je fais le contraire de ce que tu fais, tu me sers d’exemple!