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06/03/2019 14h:53 CET | Actualisé 06/03/2019 15h:06 CET

One, two, three, Viva l’Algérie, vous avez volé à la mer la bruine des jours vides

Ramzi Boudina / Reuters

Les hirondelles reviennent, le printemps leur a attaché aux ailes les espoirs longtemps refoulés et elles tournoient dans le ciel dAlger, dOran, de Constantine, de Tizi, de Guelma, de Bel Abbès, nous retrouvent dans les patios, les jardins, les balcons, les campus, les cours de récréation.

Oh personne nest dupe, sous les burnous qui sentent le jasmin et leau de fleur doranger, on sait la violence imprévisible qui peut surgir. On connait cette armée dombres qui rodent.

Et pourtant, la rue a mis sa plus belle robe, couvert ses épaules de vert et les blessures se sont refermées dans les drapés de la solidarité heureuse, du pacifisme, du civisme et de lhumour partagé.

Les traces de lhistoire dans le roman familial ont été sublimées dans ce présent qui nous éblouie et nous emporte, y compris lorsquon est à l’étranger derrière nos ordinateurs et nos comptes Twitter à scruter, minute par minute, vos pas qui avancent déterminés.

Vous avez volé à la mer la bruine des jours vides, déprimés et des souvenirs qui dérivent jusqu’à les abandonner aux flots. 

Vous avez lavé vos prunelles, des images trop vues par vos parents durant la décennie funeste dont ils nous seront redevables à jamais.

Vous avez repeint dune marche les trous de nos mémoires meurtries et vos rêves ont accosté la rive pour étancher la soif et rompre le silence.

Ce 22 février a fouillé nos mélancolies et trempé les étoiles dans la mer. One, two, three, Viva lAlgérie, en quatre qualificatifs vous avez déployez votre génie :

Silmia,

Solidarité,

Civisme,

Humour.

Vous avez traversé le silence et vidé nos blessures et repris les rires pincés, coincés dans je ne sais quel marécage.

Vous avez repris le chemin pour percevoir le rouge, le vert, lherbe et le soleil dans la brume. Le bleu du ciel vous ne lavez jamais oublié.

Vous avez défait les fils où étaient déposés nos désespoirs, nos entêtements et nos certitudes paresseuses.

Vous avez tenu le jour et la nuit entre vos mains, refermé les doigts pour quil ne file pas par delà les terrasses et, le reste appartient aux ombres que vous avez choisi dignorer et grâce à vous en soit rendue.

Vous avez joué et déjà gagné !