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30/10/2018 10h:39 CET | Actualisé 30/10/2018 10h:39 CET

On nous attaque car on se défend!

Pourquoi cet attentat m’a-t-on dit? Je leur ai dit, la Tunisie se fait attaquer pour son progrès.

FETHI BELAID via Getty Images

Poème en prose, en article, sur ma Tunisie qui a pris une balle, mais qui se lève pour combattre.

Je vous écris, je l’avoue, quelque peu désœuvré. Je tente une analyse, un billet politique, à chaud. 8 de mes gardiens de la paix ont étés blessés par un attentat des plus sordides. Plus de haine envers la police, plus de critiques (même s’il y’en aurait à faire): tous devant pour les protéger. J’ai vu un peuple soudé. Pourquoi cet attentat m’a-t-on dit? Je leur ai dit, la Tunisie se fait attaquer pour son progrès.

Conséquence du bien 

La Tunisie se fait attaquer encore.

Première fois depuis 2015, les médias hurlent à l’insécurité, à la conséquence d’une frontière pas si bien dessinée avec une Libye qui dérange. Néanmoins, permettons-nous de le nier.

La Tunisie subit les conséquences de son progrès. Que je sois accusé de nationalisme, de droitisme de bas-étage mais nous avons triomphé des démons de notre passé.

Un débat ouvert sur l’homosexualité et sa pénalité, une loi antiraciste qui vient de passer, un antisémitisme entrain de baisser... La Tunisie est victime de son avancement vers l’égalité.

Ces prêcheurs des idées du passé nous vendent un salafisme où nous sommes rois: “nous les musulmans, moi le Mohamed Amine, je suis au-dessus de Patrick, de Cohen, de Mamadou, de Nadia, de Clémence et des Jean-Pierre car j’ai été éclairé”.

Ma Tunisie révolutionnaire leur a dit que jamais cela sera voté. Que dans sa constitution, elle dit conscience et liberté.

Votre chariaa, gardez-la; on est bien avec notre Celtia. Notre culture, on la crée et on n’acceptera à personne de l’adapter.

Culture post-révolutionnaire 

Mohamed Talbi, Klay BBJ, Leyla Bouzid, Lotfi Abdelli, Naoufel Ouertaini, Ons Jabeur...Notre culture post-révolution est intacte et nous la conservons, avec ses défauts, ses ambitions.

Tunisiens, on débat sur tout avec un parlement, qui vote sur nos éclats. Liberté pour nos ébats. Si, vous Daeshien, ne réalisez pas, que mon pays guide le pas pour des centaines de milliers d’Arabes oppressés qui n’arrivent plus à s’exprimer à cause de vos rites malformés, vos rites inventés d’un Islam que vous faites détester.

On n’en veut plus, on veut le Jasmin de la liberté, la beauté du pouce mauve qui vient tout juste de voter. Notre culture, c’est de penser.

Les jeunes des quartiers affamés donnent des idées, les médias les plus critiqués donnent des idées, le ciné et le théâtre donnent des idées. Mon pays est le pays des idées, si tu veux la tienne remplie de bombes et de discrimination, je t’en prie, envole-toi, très loin de ma nation.

Ma culture a battu les Ben Ali, le TP Mazembe, les bourguibistes et les frères musulmans.

Tu crois que toi avec tes bombes, tu peux tuer nos pensées. On est Nahdhawistes, Nidaaistes, apolitiques ou Jabhaistes, on est ensemble face au kyste de la nation: l’impuissant qui explose sans prévention.

Ma femme à moi

Ma femme à moi, est Tunisienne au doux Safsari. Petit voile qu’elle achète, a cette médina que tu as voulu trancher. Ma femme est tunisienne, libre comme l’air -à part pour son père-.

Ma femme à moi va au Yuka, se prend en photo devant l’amour et n’a pas honte de voir tous ces hommes lui faire la cour. Ma femme à moi est Tunisienne et personne ne peut l’arrêter.

Elle passe la matinée au marché et la soirée à se déhancher. Ma femme à moi est la plus libre de tous les pays qui nous critiquent, les femmes d’autrui rêveraient d’êtres nos femmes.

Ma femme à moi n’est même pas ma femme car elle est libre de me jeter, de m’envoyer vagabonder loin d’elle si ça lui plaît. Ma femme à moi, est la seule femme arabe libérée des chaines de l’homme et du passé, même s’il y a encore du progrès, elle est protégée dans ce pays et ne se fait pas péter au Fouchik, pour abattre mes valeureux petits flics.

Ma femme à moi est Tunisienne et ne met pas de bombes autour de son ventre, elle met de la passion autour de son cœur, qu’elle ne couvre pas d’ornements noirs, qui déversent le sang.

Ma femme à moi est Tunisienne, libre comme l’air à tous jamais. Si on nous attaque, c’est qu’il y a quelque chose de bien que l’on fait.

“Ils passeront a l’attaque, aussitôt qu’ils se sentirons en danger”, Chokri Belaid.

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