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06/05/2019 12h:50 CET | Actualisé 06/05/2019 12h:50 CET

On ne vote jamais seul

Pour qui vote-t-on et pourquoi? Quand et comment? Notre personnalité intervient-elle?…Autant de questions qui appellent des réponses complexes…

Anis Mili / Reuters

Le jour J, à l’heure du choix, ils seront des milliers à hésiter encore.

En passant le rideau de l’isoloir, l’électeur cesse d’être un individu normal, immergé dans son quotidien, pour devenir un citoyen, libre et autonome, doté d’une part de souveraineté. (Espérons).

L’isoloir matérialise l’espace où l’électeur doit se prononcer, en âme et conscience, sur l’intérêt général. Il faut laisser en dehors nos passions, nos sympathies, nos haines, nos intérêts privés, nos parentés, nos ambitions, nos considérations de personnes.

Mais dans les faits, il est impossible de tenir à distance à la fois nos affects et nos pulsions, pour laisser parler nos convictions et notre raison, balançant entre cœur et raison, adhésion et protestation, et suppliant notre conscience de nous délivrer, là, maintenant, le bon mot d’ordre.

On ne peut pas, en passant le rideau de l’isoloir, laisser au vestiaire une partie de soi-même. Tout électeur porte en lui son histoire et son humeur. Il charrie une tradition familiale, par rapport à laquelle il se positionne (pour ou contre). Il possède une expérience singulière de la société, du travail, du vivre-ensemble. Il a sa culture, son bagage. Ses préoccupations (son logement, son argent, le bulletin de notes de son enfant, le bulletin de santé de sa vieille mère, CNSS, CNAM, Fisc, le Hijab ou même niqab qui va couvrir sa ‘belle’ femme…) et ses émotions du moment : inquiétudes, colères, enthousiasmes, peurs, déceptions, amertumes.


Pleins de recherches montrent qu’on ne vote jamais seul.

Nos idées politiques, notre cheminement idéologique est aiguillonné par de multiples influences tel que la famille, l’école, premier lieu de formation à la politique, tout au long de notre vie … On se demande, selon la situation : quel candidat va réduire le chômage ? Les impôts ? L’insécurité ? On prend en compte les sondages pour voter le plus stratégiquement possible. C’est là où l’offre politique devient décisive.

Mais dans un contexte où la classe politique est frappée de désamour lors d’une guerre froide et un conflit d’intérêts flagrant; certains seront mus par la recherche d’une tranquillité intérieure, d’une stabilité et finissent par donner leur voix à un candidat familier et rassurant, même si, peu convaincus. D’autres au contraire, vont libérer une agressivité nourrie de frustrations accumulées, d’origine sociale, professionnelle ou même privée... Bref, ça aboutit à une décision! Pourquoi trop y penser?!

Le problème existe vraiment chez ceux qui n’arrivent pas à faire le choix, ils se positionnent aussi souvent par rapport à un conjoint, un ami charismatique, un ancien professeur admiré qui aura joué un rôle clé à un moment de leur vie…ils ne seront que suiveurs, que bons consommateurs, proies faciles d’un jeu sur l’inconscient qui les rendent coincés entre leurs ‘convictions’, leurs environnement et principalement une campagne de “marketing électorale”.

Là on peut conclure qu’on est immergé dans un paradoxe de réponses complexes à de milliers de questions, à autant d’inconnus…On ne vote jamais seul.

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