TUNISIE
04/08/2019 22h:04 CET

"On menace de nous tirer dessus si on s'approche de la frontière": Des migrants conduits en plein désert libyen par les autorités tunisiennes appellent à l'aide

“Avec le soleil, les enfants sont à bout de souffle, ils n’arrivent plus à tenir. Ils sont tous faibles" affirme l'un des migrants au FTDES qui dénonce une "grave violation des droits des migrants"

Les autorités tunisiennes ont conduit, samedi, plusieurs dizaines de migrants ivoiriens dont des enfants et une femme enceinte à la frontière tuniso-libyenne, les abandonnant en plein désert, ont dénoncé dimanche, plusieurs organisations de la société civile, dont le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES).

 

Selon un communiqué publié par ces ONG, au total 36 ivoiriens dont une femme enceinte et trois nouveaux-nés ont été arrêtés dans une maison à Sfax par les autorités, qui les accusent de préparer une opération d’immigration clandestine, ce que nient les personnes arrêtées expliquant être en train de préparer les festivités de la fête nationale ivoirienne.

Emmenés vers Médenine, ils ont été relâchés à la frontière libyenne, en plein désert, leur demandant d’aller vers la Libye, pourtant en guerre.

Les ONG ont également indiqué que ce genre d’opération se répète ces derniers jours par les autorités tunisiennes, exprimant leur indignation face à la mise en danger de la vie des migrants et dénonçant une “grave violation des droits des migrants”.

Dans une vidéo publiée par le FTDES tournée dans la matinée par l’un d’entre eux, l’on voit des enfants et des femmes assis en plein désert. Celui qui s’exprime dans cette vidéo affirme: “Ils nous jettent en plein désert (...) ils nous mènent vers la frontière, alors qu’ils savent que la Libye est un pays dangereux”.

“Nos enfants n’ont pas d’eau à boire, ayez pitié de nous. On ne sait pas comment faire” pleure une maman donnant le sein à son nouveau-né.

Quelques heures plus tard, lors d’une communication téléphonique recueillie par le FTDES, un des ivoiriens affirme que la “situation empire”. 

“Avec le soleil, les enfants sont à bout de souffle, ils n’arrivent plus à tenir. Ils sont tous faibles (...) On nous menace de nous abattre si on s’aventure vers la frontière. On ne sait pas quoi faire (...) Aidez-nous s’il vous plait” poursuit-il.

Selon le FTDES, après cet appel, la communication a été coupé avec la plupart des ivoiriens abandonnés dans le désert libyen à cause de problèmes de batteries téléphoniques.

Dimanche, le ministère de l’Intérieur avait annoncé, que près de 70 personnes, de différentes nationalités, ont été arrêtées samedi par des patrouilles du district de la sûreté nationale à Sfax-nord. Ce groupe, arrêté dans une maison, était en train de planifier une tentative de migration irrégulière vers l’Europe à partir des côtes de la région.

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