ALGÉRIE
16/06/2019 13h:36 CET

Omar El-Bachir comparaîtra devant la justice pour "corruption"

Paris Match

L’ex-président du Soudan Omar el-Béchir, est convoqué par la justice la semaine prochaine pour répondre aux accusations de « corruption et de possession illégale de devises étrangères », a annoncé le Procureur général. Omar El Béchir, au pouvoir depuis 1989, a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril à Khartoum, à la suite d’un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre après la décision du régime d’augmenter le prix du pain.

“Le ministère public annonce avoir terminé toutes les enquêtes concernant l’action (en justice) intentée contre le président déchu Omar el-Béchir par des procureurs anticorruption”, avait rapporté l’agence officielle, Suna.

A partir de propos d’un responsable, l’agence a révélé que M. el-Béchir était accusé “de possession de devises étrangères, d’avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d’avoir ordonné (l’état) d’urgence”. Le 21 avril, le chef du Conseil militaire, au pouvoir en place, le général Abdel Fattah al-Burhane, avait affirmé qu’il avait été saisi l’équivalent de 113 millions de dollars lors d’une perquisition effectuée dans la résidence de Omar el-Béchir à Khartoum.

Au plan politique, la transition démocratique souhaitée par les Soudanais est au point mort et le bras de fer continue entre les militaires au pouvoir aux représentants de la société civile. Début juin, les militaires ont ordonné la dispersion violente d’un sit-in provoquant la mort de plus d’une centaine de civils.

Le déclenchement d’un mouvement de désobéissance civile de trois jours en guise de réaction a poussé le Conseil militaire de transition à se remettre en cause, en libérant d’une part les manifestants arrêtés et en procédant à la l’arrestation de certains éléments des forces régulières impliqués dans la répression sanglante des manifestants. Une décision qui a permis de renouer le dialogue entre les militaires et les représentants de la contestation.