ALGÉRIE
21/04/2019 14h:26 CET

Omar Al Bachir poursuivi pour blanchiment, la contestation veut le "pouvoir aux civils"

Un des objectifs de la contestation, le départ d’Omar al Bachir, a été atteint. L’armée n’est pas pour autant perçue comme le sauveur suprême : à ce jour le sit-in populaire devant son commandement général n’a pas été levé.

Reuters

Les discussions entre la junte militaire soudanaise, qui a renversé le président Omar Al Bachir 11 avril 2019, et la contestation populaire, toujours active, se poursuivront jusqu’au transfert du pouvoir à une autorité civile. C’est ce qu’a déclaré hier un des porte-parole de cette contestation, Seddik Youssef, cité par des médias soudanais et internationaux.

Seddik Youssef a rappelé que la revendication principale de la contestation est, aujourd’hui, le transfert du pouvoir du conseil militaire, autorité de fait depuis la chute d’Omar al Bachir, aux civils.

De son côté, le Conseil militaire, a affirmé, dans un communiqué publié hier, qu’il devait préparer le terrain pour que les forces politiques soudanaises assument le pouvoir de manière pacifique et démocratique.

La contestation soudanaise a déjà évoqué le projet de proclamation d’une instance civile qui dirigerait le pays. Sa proclamation semble avoir été reportée, les discussions avec les militaires devant encore se poursuivre. Cependant, un membre du Rassemblement des professionnels marocains, qui a joué un rôle central dans l’organisation du mouvement de protestation, a assuré hier que cette instance sera bel et bien proclamée si les militaires refusent de se retirer et de céder le pouvoir aux civils. 

L’armée n’est pas perçue comme un sauveur

La contestation soudanaise a commencé il y a quatre mois, avec des revendications économiques mais elle s’est vite développée vers un mouvement plus large exigeant un changement politique radical, notamment la fin de la dictature militaro-religieuse d’Omar al Bachir.

Un des objectifs de ce mouvement, à savoir le départ d’Omar al Bachir, a été atteint le 11 avril dernier. L’armée n’est pas pour autant perçue comme le sauveur suprême : à ce jour le sit-in devant son commandement général n’a pas été levé.

Poursuites judiciaires

Omar al Bachir, dans la résidence de qui une forte somme d’argent a été retrouvée, est poursuivi pour blanchiment d’argent, selon une information rapportée hier par l’agence Reuters.

Le procureur général soudanais, a également rapporté Reuters, a engagé des poursuites à l’encontre de nombre d’officiers de police et de responsables des services des renseignements pour des faits qui ont eu lieu lors des protestations politiques de ces derniers mois.

Omar al Bachir, pour rappel, est poursuivi par la Cour pénale internationale, qui l’accuse d’avoir commandité et dirigé un génocide au début des années 2000 dans le Darfour (Sud-ouest du Soudan). Toutefois, son extradition dans l’immédiat est peu probable, le conseil militaire ayant estimé que la décision en la matière n’était pas de son ressort et devrait être prise par un gouvernement élu.