TUNISIE
18/07/2019 13h:31 CET

Olfa Terras annonce sa candidature aux législatives à Bizerte (et répond de la meilleure des manières sur sa maternité)

"Quand vous poserez cette question et obtiendrez une réponse de Mehdi Jomaa qui a été chef du gouvernement alors qu’il a lui aussi 5 enfants, je vous répondrai”

La fondatrice du mouvement 3ich Tounsi, Olfa Terras a annoncé, mercredi sa candidature aux élections législatives à Bizerte, sa ville natale.

Invitée sur le plateau de Myriam Belkadhi sur El Hiwar Ettounsi, Olfa Terras a annoncé avoir décidé de choisir le chemin de l’Assemblée des représentants du peuple: “Je serai candidate aux législatives à Bizerte” a-t-elle indiqué. 

“Celui qui veut faire de la politique doit avoir la légitimité des urnes et non la légitimité d’Ennahdha” a-t-elle affirmé.

“Les gens qui auront besoin de l’aide de 3ich Tounsi, nous serons là pour les soutenir. Que l’amendement de la loi électorale passe ou pas, ce qui nous intéresse, c’est l’avenir du pays et pas les noms” a-t-elle poursuivi.

Interrogée sur sa lecture de la scène politique tunisienne, Olfa Terras a imputé la responsabilité de la situation actuelle que traverse le pays à “Ennahdha et à tous ceux qui se sont alliés avec elle. Cela concerne aussi bien les partis de la Troika, que Nidaa Tounes ou encore Tahia Tounes, dont on ne sait plus s’il s’agit de Tahia Tounes ou de Tahia Ennahdha”.

Pour elle, les partis politiques actuels n’ont pas tenu leurs engagements. Elle cite l’exemple de Nidaa Tounes: “J’ai voté pour Béji Caid Essebsi et je l’ai regretté parce que je pensais voter pour Nidaa Tounes, et finalement c’est comme si j’avais voté pour Ennahdha. Vous évoquiez la fourberie, la triche de la part des partis politiques, c’en est un exemple”.

“La peur de 3ich Tounsi vient du système au pouvoir, pas du peuple”

Quant à la peur suscitée par 3ich Tounsi, Olfa Terras estime qu’elle vient “du système en place, pas du peuple. Celui-ci voit le pouvoir comme un club privé dans lequel ne peuvent entrer que ceux qui font partie du système”.

“Chaque personne qui essaye de s’occuper ou d’influer sur l’opinion publique voit tous les moyens utilisés contre elle pour l’exclure mais on ne peut pas continuer comme ça” fustige-t-elle déplorant le fait que les partis actuellement au pouvoir ne font pas preuve d’auto-critique: “Il n’y a pas de honte à dire ‘j’ai échoué, il faut que je me remette en question’”.

Quant au financement du mouvement 3ich Tounsi, Olfa Terras affirme qu’il existe beaucoup d’ “hypocrisie” en Tunisie autour de la question de l’argent dans les associations ou en politique. “La question du financement des associations doit concerner tout le monde et pas seulement 3ich Tounsi”.

“Le problème n’est pas l’argent, le problème se situe autour de ce que l’on fait de l’argent, à quels fins est-il utilisé?! Depuis 2011, il y a de nombreuses associations qui ont reçu beaucoup d’argent de Turquie ou du Qatar et qui ont travaillé pour certains partis politiques. Cela n’a dérangé personne et personne n’avait demandé des comptes”.

Concernant l’argent de 3ich Tounsi, elle rappelle qu’il s’agit de son “argent personnel”. “Je ne prend pas d’argent de pays, d’organisations internationales, ni d’une quelconque personne” a-t-elle indiqué.

S’interrogeant sur l’argent finançant les partis politiques, elle poursuit: “Les partis doivent aussi nous dire d’où vient leur argent. Avez-vous demandé à Tahia Tounes ou Ennahdha d’où vient leur argent? Quand on me dira d’où viennent les 60 millions de dinars mis par Ennahdha pour sa communication alors que son budget est de 6 millions de dinars, à ce moment-là tout le monde sera concerné par cette question et on sera sur un pied d’égalité”.

3ich tounsi est une association, pas un parti politique

Questionnée sur la possibilité de voir 3ich Tounsi devenir un parti politique,  Olfa Terras réfute: “Nous avons commencé en tant qu’association, et nous n’avions aucune intention de devenir un parti politique. Ces gens veulent absolument que l’on devienne un parti politique, nous ne le voulons pas! On en a beaucoup de partis, qu’ont-ils fait?” s’est-elle interrogée.

“Les choses changent. Pour faire de la politique, nous ne sommes plus obligés d’être un parti politique. Nous pouvons appuyer des personnes sans être un parti politique. Les listes indépendantes par exemple ne sont pas toutes appuyées par des partis” a-t-elle continué.

“Comment peut-on faire de la politique quand on a 5 enfants?”

Mère de 5 enfants, la fondatrice de 3ich Tounsi, qui a été interrogée sur sa maternité et l’équilibre entre sa vie de mère et sa vie politique a eu une réponse pleine d’à-propos.

“Je vais vous donner une réponse un peu féministe: Quand vous poserez cette question et obtiendrez une réponse de Mehdi Jomaa qui a été chef du gouvernement alors qu’il a lui aussi 5 enfants, je vous répondrai” a-t-elle conclu. (À partir de 31:36 dans la vidéo ci-dessous)

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