TUNISIE
03/01/2019 18h:00 CET

OCDE: Sept choses à savoir sur la diaspora tunisienne

97 % des émigrés tunisiens résident dans les pays de l’OCDE.

ZAKARIA ABDELKAFI via Getty Images

 Une récente étude , intitulée “Talents à l’étranger : Une revue des émigrés tunisiens”, menée par l’OCDE en partenariat avec le projet Lemma dévoile les particularités de la diaspora tunisienne. Une analyse approfondie et détaillée qui met en lumière la situation des Tunisiens résidant à l’étranger dont près de 97% d’eux sont installés dans les pays de l’OCDE.

Combien y a-t-il d’émigrés?

En 2015/16, environ 630 000 personnes âgées de 15 ans et plus nées en Tunisie résidaient dans les pays de l’OCDE. Un effectif qui s’avère relativement modeste en termes absolus, plaçant la diaspora tunisienne au 52e rang mondial et au troisième rang en Afrique du Nord. 

D’après les statistiques, durant les cinq dernières années, le nombre d’émigrés tunisiens a augmenté de 145 000 personnes, soit une augmentation de 30 %. Cette évolution est jugée assez modérée par rapport aux évolutions observées pour les autres pays de la région, note l’étude.

S’agissant des descendants d’émigrés tunisiens qui sont nés à l’étranger, leur présence est surtout significative dans certains pays européens, où l’immigration tunisienne est ancienne. En 2014, ce groupe comptait ainsi 500000 personnes âgées de 15 ans et plus, dans une sélection de 26 pays européens pour lesquels cette information était disponible.

Où se trouvent-ils ?

La quasi-totalité des émigrés tunisiens (98 %) résidant dans la zone OCDE en 2015/16 étaient concentrés dans seulement dix pays.

Plus de 90 % d’entre eux résidant dans des pays européens.

La France, premier pays de destination, accueille 385 000 émigrés tunisiens (61 % du total) – dont près de 150 000 dans la seule région Ile-de-France.

Les deux pays suivants sont l’Italie (104 000) et l’Allemagne (32 000).

Entre 2000/01 et 2015/16, la population des personnes nées en Tunisie a plus que doublé au Canada, en Belgique et au Royaume-Uni, mais une grande partie de la croissance absolue de la diaspora tunisienne pendant cette période a eu lieu en France et en Italie.

Quels sont leurs motifs?

Plus de la moitié (56 %) des émigrés tunisiens vivant dans l’Union européenne (UE) évoquent des raisons familiales comme motif de migration.

Le travail est le deuxième motif le plus fréquent et concerne un quart des émigrés tunisiens de l’UE.

Quel est leur niveau d’éducation ?

Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, près de la moitié (47 %) des émigrés tunisiens ont un niveau d’éducation inférieur ou égal au premier cycle de l’enseignement secondaire. Cette proportion est similaire à celle observée parmi les émigrés venant des autres pays d’Afrique du Nord.

En Italie, par exemple, plus de 70 % des émigrés tunisiens sont peu éduqués, ce qui reflète à la fois la demande de main d’œuvre peu qualifiée en Italie et la proximité géographique entre les deux pays.

D’autre part, le niveau d’éducation des descendants d’émigrés tunisiens est supérieur à celui de l’ensemble des enfants de natifs.

Quelles sont les principales destinations des étudiants?

En 2016, près de 17 000 étudiants tunisiens étaient en mobilité internationale dans les pays de l’OCDE, ce qui représentait un peu plus de 5 % de l’ensemble des étudiants tunisiens, une proportion sensiblement supérieure à celle observée pour les autres pays d’Afrique du Nord. 

 Les principales destinations des étudiants tunisiens dans la zone OCDE étaient la France (56 %), l’Allemagne (20 %), le Canada (6 %) et l’Italie (6 %).

Le nombre d’étudiants tunisiens en mobilité internationale a augmenté de 20 % entre 2013 et 2016, une hausse plus élevée que celle observée dans les pays voisins.

Qui sont ceux qui reviennent ?

Les Tunisiens installés à l’étranger expriment parfois le souhait de revenir temporairement ou définitivement dans leur pays d’origine. 

 Au total, on peut estimer que l’effectif total des Tunisiens de retour âgés de 15 ans et plus résidant en Tunisie en 2014 était de l’ordre de 60 000, dont 20 000 revenus après 2009. Deux tiers d’entre eux résidaient auparavant dans un pays de l’OCDE.

Ces migrants de retour sont plus éduqués et plus fréquemment d’âge actif que la population générale de la Tunisie, et ils s’installent plus souvent dans la région de la capitale. Bien que le retour soit souvent motivé par des raisons familiales, l’emploi est également un motif clé du retour, et l’absence d’opportunités d’emploi en Tunisie peut constituer un obstacle majeur à la réinstallation dans le pays.

Comment contribuent-ils au développement économique de la Tunisie ?

 À leur retour, les émigrés tunisiens contribuent à l’économie de la Tunisie au travers de leur insertion sur le marché du travail. Ils occupent souvent des emplois complémentaires de ceux occupés par les non migrants.

Les migrants de retour, mais aussi les émigrés tunisiens résidant encore à l’étranger, contribuent également au développement économique de la Tunisie au travers de la création d’entreprises ou d’investissements, qui sont des moteurs clés de la création de nouveaux emplois. La réalisation de ces opportunités repose non seulement sur une bonne mobilisation des compétences et des ressources financières des émigrés, mais également sur l’amélioration de l’attractivité de la Tunisie en termes économiques et institutionnels.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.