ALGÉRIE
16/07/2015 10h:50 CET | Actualisé 16/07/2015 10h:50 CET

Accord nucléaire: le guide suprême iranien met en garde

AFP

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a demandé au président Hassan Rohani de se méfier de "certaines" grandes puissances qui ont signé l'accord nucléaire, défendu avec vigueur par Barack Obama.

Cette mise en garde coïncide avec la visite jeudi en Israël du ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, pour évoquer cet accord avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui l'a qualifié d'"erreur historique".

L'accord doit rendre quasiment impossible la fabrication par l'Iran d'une bombe atomique, tout en lui assurant le droit de développer une filière nucléaire civile, en échange d'une levée progressive et réversible des sanctions adoptées depuis 2006 par l'ONU, les États-Unis et l'Union européenne, qui brident son économie.

Dans une lettre au président iranien rendue publique jeudi, le guide suprême Khomenei reconnaît qu'avoir réussi à conclure cet arrangement est "une étape majeure", mais il appelle M. Rohani à "faire attention à une possible violation par les autres parties de leurs engagements".

"Vous savez très bien qu'on ne peut pas du tout faire confiance à certains des six États participant aux négociations", l'avertit-il.

Il n'a pas précisé à quels États il faisait allusion parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie) et l'Allemagne, tous signataires de cet accord historique mardi à Vienne à l'issue de près de deux ans de négociations.

Ali Khomenei, guide religieux et politique, plus haute autorité d'Iran sans le feu vert duquel ces négociations et l'accord n'auraient jamais pu voir le jour, exprime régulièrement sa méfiance à l'égard des États-Unis.

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Diplomatie ou guerre

De retour mercredi à Téhéran après près de trois semaines de négociations marathon à Vienne, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s'était pourtant déclaré confiant dans la volonté de chacun de prendre "les mesures" nécessaires à l'application de l'accord.

Le président américain Barack Obama, qui défend vigoureusement cet accord, a appelé mercredi son homologue russe Vladimir Poutine pour en parler avec lui - un contact direct très rare depuis que les liens entre Washington et Moscou se sont tendus en raison de la crise ukrainienne.

Le président Barak Obama a mis au défi ceux qui s'opposent à l'accord, en Israël et au Congrès américain, de proposer une solution pour empêcher l'Iran de fabriquer une bombe atomique.

"Il n'y a en réalité que deux alternatives: soit la voie diplomatique, soit la force, c'est-à-dire la guerre", a-t-il lancé mercredi.

Soucieux de rassurer ses alliés dans la région -Israël et les monarchies sunnites du Golfe- qui s'inquiètent de la montée en puissance de leur puissant voisin chiite, M. Obama a néanmoins promis la vigilance, tout en soulignant que l'Iran avait un rôle important à jouer, en particulier dans le conflit en Syrie.

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Levée d'embargo

La République islamique a toujours démenti vouloir se doter de la bombe atomique.

Outre l'ouverture diplomatique, l'Iran, dont l'économie a beaucoup souffert des sanctions, s'attend à une ruée de responsables politiques et hommes d'affaires vers ce marché prometteur dès la mise en application de l'accord, qui va cependant prendre encore plusieurs mois.

Pays de 78 millions d'habitants, en majorité des jeunes avides de consommation et de technologies nouvelles, l'Iran possède les quatrièmes réserves mondiales de pétrole et les premières de gaz.

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