ALGÉRIE
08/07/2019 19h:44 CET

Nouvelles pressions judiciaires israéliennes sur l’Autorité palestinienne

Le tribunal de Jérusalem a estimé aujourd’hui que la responsabilité de l’Autorité palestinienne avait été établie dans 17 attaques et attentats anti-israéliens qui ont eu lieu entre 1996 et 2002.

Mohamad Torokman / Reuters

Une ONG israélienne des “victimes du terrorisme”, rapporte l’Agence France Presse (AFP), a exigé aujourd’hui de l’Autorité palestinienne un milliard de shekels (280 millions de dollars), de dédommagements pour les victimes de 17 attaques et attentats anti-israéliens qui ont eu lieu entre 1996 et 2002.

Cette demande a la caution de principe du tribunal de Jérusalem pour lequel des dommages et intérêts pour les victimes de ces 17 attaques et attentats seront éventuellement fixés.

Ce tribunal, en effet, rend l’Autorité palestinienne responsable dans ces 17 attaques et attentats, indique un communiqué du ministère de la Justice israélien également rapporté par l’AFP.

Selon ce communiqué, cette juridiction a estimé que la responsabilité de l’Autorité palestinienne dans ces attaques et attentats avait été établie au moins à un des quatre niveaux suivants : idéologique, financier, pratique et médiatique.

Le tribunal de Jérusalem est allé encore plus loin en reconnaissant la responsabilité « générale » dans ces 17 attentats et attaques du président palestinien Mahmoud Abbas, de son prédécesseur Yasser Arafat et du dirigeant du Fatah emprisonné Marwan Barghouti.

 

Un contexte particulier

Ce n’est pas la première fois que la justice israélienne condamne l’Autorité palestinienne pour sa présumée “responsabilité” dans des attaques et attentats. Elle l’a déjà fait en 2017, rappelle l’AFP, lorsqu’elle a condamné cette dernière, en même temps que des accusés, à payer des dommages et intérêts aux ayant droits des victimes d’un attentat.

Cependant, la décision prise par le tribunal de Jérusalem intervient dans un contexte plus délicat, marqué par des pressions multiples sur l’Autorité palestinienne afin de l’amener à accepter un plan de paix avec Israël concocté par l’administration Trump et visant à liquider à peu de frais la question nationale palestinienne.

Non encore rendu public, ce plan appelé “l’accord du siècle” comprend notamment, selon les révélations de la presse israélienne ce dernières semaines, l’annexion à l’Etat d’Israël des colonies juives de Cisjordanie.

Ces pressions judiciaires viennent s’ajouter à des pressions financières exercées sur l’Autorité palestinienne aussi bien par Israël que par son allié américain.

Le gouvernement israélien a décidé le 17 février 2019 de retrancher des revenus des impôts et taxes qu’il doit reverser à l’Autorité palestinienne 138,64 millions de dollars représentant selon lui le montant des allocations versées par cette dernière en 2018 aux détenus palestiniens dans les prisons israéliennes et à leurs familles.

De son côté, le gouvernement américain a décidé en 2017, de réduire sa subvention à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, plus connu sous son acronyme anglais UNRWA (United Nations Relief and Works Agency) : en 2018, cette subvention est passée, en effet, de 350 millions de dollars à… 60 millions de dollars.