MAROC
05/04/2019 17h:49 CET | Actualisé 10/04/2019 21h:27 CET

Nouvelle vague d'arrestation de blogueurs et écrivains en Arabie Saoudite

Sept personnes ont été arrêtées pour avoir soutenu les familles des militantes arrêtées au printemps dernier.

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Salah al-Haidar, fils de Aziza al-Youssef, militante arrêtée au printemps dernier (ici en photo) vient d'être arrêté ce jeudi 4 avril. 

ARRESTATIONS - Les vagues d’arrestations se poursuivent en Arabie saoudite, où sept blogueurs et écrivains ont été arrêtés, jeudi 4 avril, rapporte l’AFP. Parmi eux, l’écrivain et médecin Bader al-Ibrahim et le militant Salah al-Haidar, possédant tout deux la nationalité saoudienne et américaine. Publiquement contre la coalition saoudienne engagée dans la guerre au Yemen, ils auraient été arrêtés car ils sont “engagés dans des échanges publics sur les réformes” dans le royaume, d’après l’ONG ALQST.

Pour l’ONG, l’arrestation de ces deux figures du militantisme et de plusieurs autres militants serait liée à leur soutien aux familles des militantes arrêtées au printemps 2018. Accusées de porter atteinte aux intérêts nationaux et d’aider “les ennemis de l’Etat” après avoir défendu le droit des femmes de conduire ou demandé la levée du système de tutelle, elles avaient été écrouées. 

Selon Prisonniers de conscience, un groupe de défense des droits humains qui suit le sort des prisonniers politiques en Arabie saoudite, dix personnes ont été arrêtées au total et ni les autorités saoudiennes, ni l’ambassade américaine à Riyad n’ont pour l’heure commenté ces informations.

Cette répression intervient alors que le Congrès américain a approuvé jeudi une résolution exhortant le président américain Donald Trump à arrêter de soutenir l’intervention saoudienne dans la guerre au Yemen, relève par ailleurs l’AFP.

“Ce qui est perturbant à propos des nouvelles arrestations en Arabie saoudite, c’est que les vagues d’arrestations concernent d’abord les plus connus puis les moins connus”, a réagi la militante américano-saoudienne Nora Abdulkarim sur Twitter. “Un autre aspect déconcertant est le timing, qui nous invite à nous demander: pourquoi maintenant?”, ajoute-t-elle, notant que “plusieurs d’entre eux ont cessé d’être actifs en 2016/17, à l’instar des féministes saoudiennes”. 

“Outre les arrestations, il y a aussi des interdictions de voyage. Pour le contexte, ceux qui sont ciblés sont tous issus du même cercle social et intellectuel. Les féministes saoudiennes et eux étaient beaucoup connectés, évidemment Aziza était la mère de l’un d’eux (Salah). Au-delà de cet exemple évident, il y a eu beaucoup d’accointances au fil du temps”, écrit-elle encore.

Salah al-Haidar est le fils d’Azizza al-Youssef, une militante arrêtée il y a près d’un an aux côtés de deux autres militantes, la blogueuse Eman Al-Nafjan et l’universitaire Rokaya Al-Mohareb, et libérée provisoirement la semaine dernière. Leur procès, très suivi, n’est toutefois pas terminé et huit autres militantes sont toujours détenues dans ce cadre, relève l’AFP. 

Cette vague d’arrestations est aussi la première campagne de répression massive contre des personnalités de la société civile depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando venu de Riyad. L’affaire ayant fortement terni l’image du royaume auprès de la communauté internationale, les critiques internationales se font de plus en plus vives concernant le respect des droits humains dans le royaume wahhabite depuis l’histoire sordide de la mort à Istanbul de Jamal Khashoggi.